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Dans ma vie, on m’a souvent reproché d’être trop idéaliste.

Une idéaliste est une personne qui croit en des valeurs absolues pour améliorer l’homme et la société. Mon idéalisme est ma principale force et ma principale faiblesse.

Effectivement, je ne crois pas que l’homme soit un loup pour l’homme.
Je ne crois pas que « ça ne sert à rien de faire des efforts » puisque « la majorité des gens s’en fout surtout dans les pays pauvres ». 

Je n’ai pas envie de vivre ma vie dans l’angoisse ou dans un entre soi confortable. J’ai choisi de vivre dans un quartier populaire, il m’arrive de me rendre dans des supermarchés et dans des lieux que la religion écolo interdit à ses adeptes.

Je ne suis pas exemplaire sur tout un tas de sujets : je n’ai jamais réussi à consommer zéro déchet même si je fais attention aux emballages, je prends l’avion 2 à 3 fois par an, je suis obligée de manger de la viande, il m’arrive (souvent) d’oublier mes sacs à vracs, je prends la voiture régulièrement pour aller voir mes parents et ma consommation de livres est  responsable de la disparition de centaines d’arbres…

Malgré mes efforts, je n’ai pas réussi à devenir la parfaite écolo. D’ailleurs la réussite ne m’intéresse plus depuis que j’ai appris le prix à payer mais c’est un autre sujet.  Quoi qu’il en soit, je n’ai aucune leçon à donner. Chacun fait ce qu’il peut en fonction de ses moyens.

Par contre, une chose m’exaspère au plus haut point : le fatalisme.

Alors oui, je suis capable de monter rapidement dans les tours quand on me dit « Ester, tu comprends, on n’est pas au pays des bisounours. Dans la vraie vie, on ne peut rien faire. C’est la faute aux industriels, aux politiques, aux patrons, aux collègues, aux voisins …. et cette liste pourrait s’allonger à l’infini tant qu’il est entendu que l' »enfer c’est les autres ».

Alors oui, le système est ainsi fait mais il ne nous empêche ni de prendre nos responsabilités ni d’agir.

Un soir, je suis rentrée à la maison énervée par une énième discussion qui s’est soldée par : « on ne peut rien faire ma bonne dame » malgré tout les arguments que j’avais avancés pour montrer qu’on pouvait agir.

Là j’ai repensé à Daniel Kahneman et aux biais de confirmation. 

Puis j’ai instinctivement écrit une liste de 10 commandements d’un idéaliste pour survivre dans un pays en mal d’espérance.

Cela ne va pas changer la face du monde mais cela m’a beaucoup apaisée.

J’ai décidé de les partager même si cela sort un peu des thématiques abordées habituellement dans ce blog.

  1. Accepter qu’on ne puisse pas tout changer, tout de suite, tout seul.
  2. Trouver sa tribu, s’entourer d’autres idéalistes pour survivre à la morosité ambiante
  3. Célébrer ses victoires aussi infimes soit-elles ( Youpi, je suis passée à l’Oriculi, on ouvre un jus de pomme bio pour fêter ça ?!)
  4. Mettre de la légèreté de sa vie, dédramatiser et susciter le rire plutôt que le rejet
  5. Ne pas renoncer à ses idéaux même si c’est difficile, si tout le monde s’en fiche, si tout n’est pas parfait, si on souffre de contradictions et si on développe de nombreux paradoxes
  6. Ne pas devenir simple parce que les autres pensent que nous sommes compliqués
  7. Faire ce que l’on peut avec les moyens qui sont les nôtres sans culpabiliser
  8. Accepter de ne pas être à la hauteur de nos aspirations mais toujours tendre vers l’idéal
  9. Oser rêver, imposer sa chance pour vivre ses rêves et aller vers son risque
  10. Toujours garder espoir. Aucun combat n’est perdu d’avance sauf peut-être celui qu’on refuse de mener.

Pour conclure, je vous laisse avec cette douce musique qui montre que l’idéaliste devra toujours affronter les cyniques, les sceptiques et les pessimistes car « les braves gens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux »