Mon été a été placé sous le signe de la déconnexion.

J’ai délaissé les réseaux sociaux pendant 15 jours.

Je n’ai consulté Internet qu’occasionnellement.

Ma moyenne d’utilisation oscillait entre 0 à 15 minutes par jour.

Cette « détox digitale » était une première.

En effet, ma grande curiosité me pousse à l’hyperconnexion.

Je suis abonnée à une dizaine de newsletters, j’ai tendance à aller sur LinkedIn et Quora et à faire des recherches Google quotidiennement.

J’ai réalisé qu’Internet prenait une place importante dans ma vie.

Or, je peux développer rapidement des comportements addictifs.

Mon expérience en matière d’addictions m’a appris qu’il fallait se forcer à prendre du recul avant de tomber dans un rouage infernal.

J’ai senti qu’une mise en perspective était nécessaire dans ma situation.

À cette même période , je me suis plongée dans la lecture du nouveau livre de Cal Newport Digital Minimalim.

Cal Newport analyse l’évolution des comportements vis-à-vis des nouvelles technologies et il préconise des actions simples pour développer une relation plus saine avec la technologie.

Sa lecture m’a permis de documenter certaines de mes intuitions et m’a inspiré certaines routines que je commence à mettre en place.

Dans cet article, je vous livre donc 5 actions simples pour développer une relation plus saine avec les nouvelles technologies.

1. Faire un bilan de son rapport à la technologie

Quantifier précisément le temps alloué à sa vie en ligne

Depuis l’arrivée du smartphone, nous sommes connectés en permanence. Cette hyperconnexion a des conséquences sur notre santé, notre attention et notre rapport au monde.

Prendre soin de sa nourriture intellectuelle est nécessaire.

Pour cela, il faut quantifier le temps consacré aux nouvelles technologies.

Nous avons tendance à sous-estimer le temps passé sur internet.

J’ai été choquée d’apprendre que je passais 2H par jour sur Internet via mon smartphone !

À chaque fois que je m’ennuie, la tentation est forte de jeter un coup d’oeil à mon smartphone.

Mises bout à bout, ces minutes constituent une période de temps conséquente.

Pour estimer au mieux le temps passé en ligne, j’ai installé l’application Temps d’écran disponible sur IOS.

L’application est assez pertinente même si je regrette que l’historique d’utilisation ne soit accessible que pour les 7 derniers jours.

Prendre conscience de l’impact de sa consommation sur sa vie réelle.

La consommation excessive de réseaux sociaux nuit au bien-être.

Il existe un lien entre son niveau d’anxiété et son utilisation des réseaux sociaux.

J’ai pu en faire l’expérience.

Quand j’ai lancé mon blog, je passais beaucoup de temps à analyser ce que faisaient d’autres bloggers.

J’avais tendance à me comparer aux autres et à me dévaloriser car je pensais que mes résultats étaient ridicules à côté des réussites affichées par certains.

Plus je passais de temps à scroller et à analyser ce que faisaient les autres, et plus j’étais anxieuse, et plus je doutais de ma légitimité.

Cal Newport montre que plus on passe de temps en ligne et moins on consacre de temps pour des activités épanouissantes dans la vie réelle.

L’argument semble irréfutable. Là encore, j’en ai fait l’expérience.

Prendre conscience du rapport de pouvoir en jeu

«Quand c’est gratuit, vous êtes le produit ».

J’ai appris à me méfier du discours altruiste des géants d’Internet pour promouvoir leurs produits et nous convaincre qu’ils sont indispensables.

Quand j’utilise un service gratuit, j’ai conscience que l’intérêt de l’entreprise est de capter mon attention et mes données personnelles à des fins commerciales.

J’ai conscience également que tout a été fait pour rendre ce service addictif.

Prendre conscience de ce rapport de force me semble indispensable pour reprendre le pouvoir sur sa consommation et sur son temps.

2. Faire un break sans Internet ou en limitant son utilisation au strict minimum pour prendre du recul.

Pour briser ses habitudes, rien ne vaut une rupture.

Bien sûr, l’idée n’est pas de souffrir en s’imposant des contraintes irréalistes.

Cela serait contreproductif.

Il s’agit d’entreprendre une déconnexion forcée pour prendre du recul sur sa consommation.

L’idée est ensuite de faire une analyse gains/coûts.

Ces coûts sont souvent cachés.

Il s’agit du temps perdu. Cal Newport cite l’exemple de Facebook.

Quand on demande aux gens pourquoi ils utilisent Facebook, beaucoup répondent que cela leur permet :

  • de se tenir informés des évènements à proximité,
  • d’avoir des nouvelles de leurs proches.

En général, ces activités prennent moins de temps que le temps alloué par les utilisateurs.

Les utilisateurs passent 7 fois plus de temps sur le réseau social que le temps nécessaire pour remplir ces objectifs.

Il s’agit d’une perte de temps considérable.

Prendre conscience de ces inefficacités permet de revoir ses usages et de supprimer les usages nocifs.

Cal Newport cite des exemples d’optimisation.
Une méthode radicale est de supprimer les réseaux sociaux de son téléphone voire même de sa vie.

Une méthode plus souple est de définir des plages de consultation en fonction de ses objectifs.

On peut aussi bloquer l’accès à certains sites pour une période donnée via des logiciels comme SelfControl.

En ce qui me concerne, j’ai supprimé Instagram et Facebook de mon smartphone, ce qui effectivement a fait chuter mon temps d’utilisation.

J’ai aussi réorganisé l’écran d’accueil de mon téléphone.

Mon écran d’accueil est vide pour m’empêcher de consulter frénétiquement mes mails et mes notifications à chaque fois que je regarde l’heure sur mon smartphone.

J’ai rangé mes applications dans des dossiers qui ne sont accessibles qu’au bout de 3 clics.

Pour le reste, j’ai défini 2 plages de consultation par jour et j’essaye de m’y tenir.

J’ai également fait un bon tri dans mes newsletters pour ne suivre que quelques personnes dont j’apprécie le travail et qui sont reconnus dans les secteurs qui m’intéressent.

Ces astuces m’ont permis de réduire mes usages nocifs et de changer mes comportements et mes habitudes.

3. Développer des moments de solitude

Les moments de solitude sont des moments où on est seul avec ses propres pensées.

Cal Newport montre qu’il est important d’avoir des moments de solitude pour créer, prendre de bonnes décisions et pour préserver sa santé mentale.

Ces moments de solitude se font de plus en plus rares.
Dès que l’on attend, on a tendance à allumer son smartphone.

Idem dans les transports en commun.

Idem dans les moments d’ennui.

Cela a des conséquences sur notre état de santé ( anxiété, stress chronique…).
Cela pèse aussi sur notre capacité à être créatif, à prendre de bonnes décisions, à gérer nos émotions et à être productif.

Développer des moments de solitude est donc indispensable.
Pour cela, pas besoin de s’isoler dans une cabane au fond des bois ou de se couper du monde.

On peut simplement définir un moment dans la journée pour prendre du recul et mener une activité qui favorise cet état de solitude.

L’écriture, le dessin, la marche, la méditation sont des activités idéales.

Dans mon cas, je note régulièrement mes pensées dans un journal le soir.

J’essaye également de prendre du temps pour marcher car je pense comme Nietzsche que « seules les idées qu’on a en marchant valent quelque chose ».

4. Se réapproprier du temps libre pour des loisirs de qualité

Un loisir de qualité est une occupation qui permet :

  • soit de créer quelque chose à partir de ses dix doigts,
  • soit d’interagir avec les autres en rejoignant des associations sportives, culturelles ou associatives.

Cal Newport cite l’exemple de trentenaires qui après avoir réussi à atteindre l’indépendance financière se sont lancés dans des activités manuelles comme la rénovation de vieilles bâtisses, l’élevage ou la réparation de produits électroniques.

Je me souviens que restaurer une vieille table a été un de mes meilleurs souvenirs de ma période de chômage et me permettait de décompresser.

Il encourage à limiter son temps de loisirs passifs, à planifier ses loisirs pour développer une certaine discipline et pouvoir consacrer du temps pour des activités à forte valeur ajoutée.

Quand on est pris dans le tourbillon de sa vie, se laisser tenter par un loisir à faible valeur ajoutée est facile si on ne dispose pas d’une alternative de qualité.

En ce qui me concerne, j’ai décidé de limiter ma consommation passive d’Internet.

Cela me permettra de me consacrer davantage à l’écriture et de rejoindre un club de théâtre.

5. Privilégier les relations interpersonnelles et supprimer les relations superficielles

L’auteur conseille d’arrêter d’interagir avec ses proches à travers des « likes » ou des commentaires et de privilégier des relations plus interpersonnelles.

Les activités les plus épanouissantes sont celles qui mobilisent des compétences sociales et amènent à des échanges où entre en jeu l’analyse des émotions, le langage non verbal, le toucher …

Le mail long format, les rencontres physiques et les conversations téléphoniques sont des activités plus qualitatives que les interactions en ligne comme « liker » une photo ou écrire un commentaire superficiel.

Il vaut mieux prendre le temps d’écrire de longues séquences de mails avec quelques personnes que d’entretenir des relations superficielles avec des centaines de personnes en se contentant de « liker » leurs publications.

On en revient au principe de Dunbar qui stipule que le cerveau humain peut entretenir des relations interpersonnelles uniquement avec 150 personnes.

Personnellement, je trouve déjà que ce chiffre est déjà très exigeant !

Au final, cette stratégie permet de faire un tri dans ses relations.

Les réseaux sociaux nous donnent l’illusion d’une hyperconnexion au monde. L’observation de la réalité démontre que paradoxalement nous sommes de plus en plus « seuls ensemble » et de plus en plus malheureux.

Développer des relations de qualité avec un nombre limité de personnes permet de défier cette tendance et d’être plus épanoui.

Le mot de la fin

Je recommande à tout ceux qui souhaitent entretenir un rapport plus sain avec les nouvelles technologies de suivre le plan d’action décrit dans cet article à savoir :

  • faire le bilan du temps consacré à sa vie en ligne et prendre conscience des impacts de cette consommation sur sa vie réelle.
  • faire un break sans Internet ou en limitant son utilisation au strict minimum pour prendre du recul.
  • analyser les bénéfices / coûts pour optimiser chaque utilisation et supprimer les usages nocifs.
  • développer des moments de solitude pour être plus créatif et plus productif.
  • reprendre le contrôle de son temps et l’investir dans des loisirs de qualité.
  • privilégier les relations interpersonnelles avec un nombre limité de personnes et supprimer les relations superficielles.

 

J’espère que les enseignements tirés du livre Digital Minimalism et de mon expérience vous ont été utiles.

N’hésitez pas à me faire part de vos suggestions en commentaire ou par mail à ester@audasioux.fr

Photo Credit : merci à  Marianne Krohn