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J’ai attendu avec impatience la saison 2 de la série Big Little Lies. Cela faisait plusieurs années que j’avais délaissé les séries. Avant de découvrir Big Little Lies, je n’arrivais pas, malgré l’avalanche Netflix, à retrouver le charme des séries qui avaient accompagné mon enfance et mon adolescence : Friends, How I met, Desperate housewifes ou encore Nip / Tuck.

Big Little Lies m’a tout de suite plu car j’y retrouvais sans vraiment pouvoir l’expliquer quelque chose de familier. Elle mettait en avant des femmes qui bousculaient les stéréotypes et qui étaient amenées à s’arranger avec la réalité pour survivre.

Finalement ce que j’ai le plus apprécié dans cette série c’est sa mise en perspective de ces petits et grands mensonges que l’on se raconte.

Parfois, ces petits mensonges font tellement partie de notre quotidien qu’on en oublie qu’ils ne sont que des filtres que l’on a placés entre nous et la réalité pour nous protéger.

Je me suis amusée à faire la liste des petits mensonges communément admis en société.

1. Quand j’aurais X, je serais heureuse.

C’est mon petit mensonge préféré.

Pendant des années, j’ai sincèrement cru que si j’avais un appartement plus grand, un meilleur job, un amoureux plus expressif… je serais plus heureuse.

Et puis en fait, non j’ai réalisé que ce n’est pas en conditionnant mon bonheur à un évènement externe dont je n’ai aucune maîtrise que je trouverai l’apaisement.

Il fallait changer de stratégie et arrêter cette course au toujours plus et à la nouveauté pour me concentrer sur l’instant présent.

Je me souviens avoir lu cette phrase d’Épicure : « Rien n’est assez pour l’homme à qui assez, c’est trop peu ».

Depuis j’ai réalisé que savoir que l’on en a assez est un des plaisirs les plus sous-estimés de notre époque.

2. Si j’avais plus de temps …

Si j’avais plus de temps, je m’investirais dans une association qui change le monde, je passerais plus de temps avec ma famille, je verrais plus souvent mes amis, je m’occuperai davantage de ma santé….

La liste peut s’allonger à l’infini.

L’excuse du temps est commode car elle nous déresponsabilise.

En réalité, nous savons tous que ce n’est pas une question de temps mais d’organisation, de volonté et de priorisation.

3. Je ne peux pas faire ça, je ne l’ai jamais fait.

La première fois que vous faites quelque chose est toujours plus angoissante.

Il suffit de vous rappeler la première fois que vous avez conduit, embrassé quelqu’un, parlé en public …

Le résultat n’était sans doute pas à la hauteur de vos attentes mais au moins vous l’avez fait et avec un peu de chances vous ferez mieux la prochaine fois.

En fait, ce n’est pas parce qu’on n’a jamais fait quelque chose qu’on ne peut pas le faire ou qu’on va échouer. Étrangement, j’ai remarqué qu’il y a des domaines dans la vie où on se pose nettement moins de questions.

Je connais très peu de gens qui renoncent à devenir parents car ils n’ont jamais fait ça avant. Or c’est le truc le plus angoissant de la Terre mais parfois on n’a pas d’autres choix que de le faire.

4. Ce n’est pas ma faute … 

Ce n’est pas ma faute si j’ai échoué. C’est la faute à :

  • mon conjoint qui ne m’a pas assez soutenu,
  • mes amis qui n’y ont jamais cru,
  • ma famille qui a tout fait pour me décourager,
  • la société qui est trop bête pour saisir ma contribution au monde

Sartre a eu ce bon mot de dire que l’enfer c’est toujours les autres. Cela est particulièrement vrai si cela nous donne une excuse pour ne pas affronter nos responsabilités.

Au lieu de chercher un coupable, il faut parfois reconnaître qu’on a merdé et avancer.

5. Je ne suis personne, je ne peux pas changer les choses

Cette petite phrase est souvent revenue dans de nombreuses discussions que j’ai pu avoir autour du changement. Quand je demande aux gens pourquoi ils n’agissent pas alors qu’ils sont convaincus de la nécessité de repenser notre modèle de société, la plupart disent  » je n’ai pas le pouvoir de changer les choses » ou  » à quoi bon changer si mon voisin ne fait rien » ?

Dans un tout autre registre je pourrais également me dire, à quoi bon écrire puisque les plus grands écrivains ont fini suicidaires ( Stefan Zweig), cyniques ( Houellebecq) ou dépressifs (Baudelaire).

En fait le point commun entre ces deux approches est qu’encore une fois elles nous déresponsabilisent et nous donnent des excuses pour ne pas agir.

Au final les histoires qu’on se raconte, ce sentiment d’impuissance qu’on intériorise, c’est juste une façon de mettre des filtres entre nous et une réalité qui nous dérange.

Le monde est rempli d’exemple d’anonymes qui par leurs actions changent le cours des évènements :

  • Boyan Slat qui invente une solution pour dépolluer les océans,
  • ces coureurs qui profitent de leur sortie running du dimanche pour ramasser des déchets,
  • cette jeune mère qui crée une association pour que son enfant et les enfants autistes puisse être scolarisés normalement.

Ces exemples montrent bien que tous le monde a une capacité d’action.

Ces 5 petits mensonges sont ceux qui me sont venus spontanément à l’esprit.
Je suis sûre qu’il y en a d’autres.
Des idées ? Quels sont les petits mensonges que vous vous racontez ?