L’interview en bref

  • Jean-Michel a été salarié dans le domaine de la sécurité informatique avant de fonder une entreprise de 16 salariés dans ce secteur.
  • Il a connu l’échec et a rebondi. Il agit pour changer le regard sur l’échec en France avec l’association les Rebondisseurs français.
  • Il est aujourd’hui ambassadeur exécutif sous un statut transitoire de VDI Mandataire pour une société qui agit sur les sources du vieillissement et propose des solutions nutritionnelles et cosmétiques. Il développe son activité avec d’autres indépendants.
  • Il donne des conférences et anime des ateliers de sensibilisation à la mesure et réduction du stress.
  • Il perçoit son activité professionnelle comme une oeuvre aux facettes tant individuelles que collectives et non pas comme un travail.
  • Pour trouver son équilibre, il a changé sa façon de vivre. Il prend le temps d’écrire, de lire, fait de l’activité physique et il a supprimé les médias passifs de son quotidien. 
  • Pour lui, le « travail » va évoluer car les « offreurs de service » salariés veulent être plus libres et trouver du sens à leur travail. Le freelancing ou la micro-franchise en réseau vont se développer. L’équilibre sera au coeur des relations. 
  • Pour vivre dans ce monde en transformation rapide, il est nécessaire de sortir des cases, ne pas avoir peur de se lancer.
  • Surtout, il faut trouver des personnes qui partagent ses valeurs. 

L’interview en détail

1. Si tu devais te présenter à un inconnu comment te définirais-tu ?

Je m’appelle Jean-Michel Davault.

J’ai 50 ans, père de 4 enfants.

Salarié dans de grands groupes internationaux je suis devenu entrepreneur en 2001. Profondément curieux et passionné, j’ai appris de la crise financière de 2008-2010 à me préoccuper d’abord de ma santé , à générer des revenus autrement, a être une force pour le bien dans une démarche de développement durable.

Aujourd’hui, avec quatre ans de recul, je suis heureux de co-construire avec des personnes de qualité dans une démarche de liberté et de service.

2. Quelles étaient tes passions enfant ?

Lancer des fusées dont des supersoniques lors de mes études d’ingénieur, penser au delà de notre Terre.

3. Tu as fait partie l’association Les Rebondisseurs Français pour changer le regard sur l’échec en France. C’est paradoxal car j’entends beaucoup de gens dire qu’il est important d’échouer pour réussir. Penses-tu donc qu’il y a un décalage entre le discours et la réalité ? Peux-tu donner des exemples concrets de ce décalage ?

J’ai été le président de Fonds du Rebond Association. J’ai ensuite rejoint Les Rebondisseurs Français en tant qu’Ambassadeur.

C’est vrai que le regard sur les ré-entrepreneurs qui ont fait faillite a bien évolué ces dernières années dans l’Union Européenne.

Toutefois si on étudie plus en détail, on constate des pratiques ou des procédures d’un autre temps comme le fichage pendant 30 ans au sein des banques. Il lui sera difficile sans prête-nom de pouvoir faire appel à une banque. Souvent, il devra donc agir sans banque et montrer que cela est possible.

4. Tu as dirigé une société de 16 salariés et un gérant qui mettait en oeuvre le « logiciel comme un service » sur le marché de la cybersécurité. J’ai du mal à comprendre les usages. Peux-tu les préciser ?

L’enjeu était avant tout de pouvoir transférer une confiance humaine en une confiance numérique suffisante pour coopérer par delà les « firewalls ». Pour simplifier, l’idée était que des groupes de personnes puisse coopérer efficacement en intégrant une logique interculturelle et décorellée des fuseaux horaires.

5. Quand tu étais chef d’entreprise quelles étaient tes peurs ?

Fermer la boite pour des démarches administratives imprévues, passer trop de temps sur des choses vraiment secondaires pour la réussite de l’entreprise et l’insuffisance de financement à court terme dans une logique de forte croissance.

6. Quels étaient tes blocages psychologiques ?

Ha ha ha ! Bonne question ! Avec le recul j’aurai dû encore plus assumer de sortir des cases et d’aller rechercher ceux et celles qui auraient été intéressés par sortir de leur enclos.

Pourquoi peut-on réussir des projets d’innovation de rupture au niveau industriel ailleurs et pas en France ? Pensez-vous vraiment qu’Elon Musk aurait pu réussir une partie de ses projets en France?

Et quels sont tes blocages aujourd’hui ?

Ah là aussi sourire ! Ce sont les résultats qui montrent si j’ai su transformer mes limites précédentes en forces. Pour les nouvelles frontières à explorer, vivre tout simplement dans ce monde en transformation rapide, il faut s’adosser à d’autres personnes pour trouver des solutions pour aller au delà de ce qui peut nous freiner.

7. Tu dis que cette expérience entrepreneuriale t’a appris sur la nécessité de travailler sur des « business model modernes au service de l’homme ». En quoi ton projet actuel répond à cette nécessité ? En quoi l’autre n’y répondait pas ?

D’abord j’ai décidé d’œuvrer et non plus de travailler. En effet travailler est trop associé à la notion de « labeur ». Oeuvrer a  un sens plus créatif et collectif.

Ensemble on est plus fort et on va plus loin. Selon moi, le contrat de travail classique va fortement régresser dans les prochaines années.

Les RH des entreprises vont devoir revoir de fond en comble la relation qu’elle entretienne entre les personnes et le projet …

Les acheteurs vont eux aussi voir leur métier remis en question car c’est une démarche équilibrée et non de mise en coupe réglée voire d’esclavage moderne qu’il va falloir revoir.

Fini aussi la relation « méchant patron et gentils syndicats ou inversement … »

8 Quel est ton statut aujourd’hui ?

Je suis ambassadeur exécutif sous un statut transitoire de VDI Mandataire pour une marque de cosmétique américaine qui travaille sur les problématiques du bien vieillir et de la nutrition.

Ce système est assez simple d’un point de vu administratif : je suis franchisé de TVA, j’ai une déductibilité forfaitaire à 40% et des charges sociales à la source de 17%. Il suffit de remplir une case en fin d’année. L’avantage est que je conserve mes droits à la CPAM et à la retraite.

9 Dans ta vie as-tu mis en place des routines pour t’aider à optimiser ton temps et à mieux-vivre ?

J’ai été amené ces dernières années et plus précisément ces deux dernières années de revoir complètement ma façon d’œuvrer chaque jour. Copie blanche chaque matin malgré des éléments planifiés, silence, affirmations ou interrogations positives, visualisation des éléments sur lesquels il faut se concentrer, exercices physiques, lecture variée le plus possible, écriture personnelle ou sur les réseaux sociaux et presque plus de médias sous la forme passive.

10 . J’ai l’impression que la liberté est une valeur fondamentale pour toi mais en même temps je ressens ce besoin d’inscrire ta démarche dans un projet collectif. 

Ta perception est fort juste. La liberté d’action, la liberté de pensées et d’agir selon ses critères personnels est une démarche fondamentale. Ma devise « Avoir raison, c’est bien. Transmettre c’est mieux » permet de construire un projet où l’on transmet des éléments clefs sans vouloir convaincre et en accueillant les compétences des autres. On peut ainsi être entrepreneur dans une démarche d’économie freelance moderne. La micro-franchise en réseau est un exemple, d’autres modèles sont en train d’émerger.

11. A quoi as-tu renoncé ?

Le fait que les banques, dont la BPI, ne souhaitent pas encore m’absoudre personnellement d’une défaillance qui est documentée comme celle plus d’un système que d’un projet, m’a amené à devoir supprimer ce qui m’a coûté dix années de travail, de labeurs et d’efforts considérables :

  • des salariés au sens administratifs, charges salariales et aussi en lien de subordination
  • besoin d’une banque (en fait deux mais elles étaient copines aux comités d’engagement)
  • des fonds propres significatifs
  • des stocks
  • tout ce qui s’approche d’un « acheteur » éloigné des considérations de développement durable

12. Penses-tu vivre en accord avec tes convictions ?

Oui, et de plus en plus de personnes me soutiennent ou rejoignent cette démarche.

Je suis fier d’avoir mentoré au moins quatre personnes qui sont autonomes voire meilleures que moi sur la centaines de partenaires actifs autour de moi.