Peut-on choisir d’être optimiste et heureux en France ?


Articles, Se libérer / samedi, novembre 17th, 2018

J’ai découvert la psychologie positive grâce à une interview de Florence Servan-Schreiber dans le journal Tout va bien.

Cette approche a piqué ma curiosité.

L’optimisme n’est pas très répandu en France contrairement à d’autres pays comme les Etats-Unis.

Notre culture nous invite à souligner ce qui va mal plutôt qu’à célébrer nos succès.

Pour ma part, cet esprit critique à la française m’a souvent aidé dans ma vie personnelle et professionnelle mais il est parfois handicapant.

Peut-on choisir d’être optimiste ?

Dans le livre 3 kifs par jour, Florence Servan-Schreiber livre son expérience personnelle de la psychologie positive. Elle a suivi un « cours du bonheur » dispensé par Tal Ben-Shahar de l’ Université d’Harvard et a tenté d’appliquer les enseignements dans sa vie quotidienne de Parisienne.

1. La recette du bonheur comporte 3 ingrédients

La quête du bonheur est universelle.

Depuis toujours, l’homme a cherché à aller mieux.

Notre capacité à être heureux dépend de 3 facteurs :

  • La prédisposition biologique => 50% de notre bonheur
  • Notre comportement et notre regard sur la vie => 40% de notre bonheur
  • Les facteurs externes ( l’argent, le lieu de vie, les vacances…) =>10% de notre bonheur

Conclusion : contrairement aux idées reçues, le bonheur est en nous et non pas en dehors de nous.

2. Autres grandes vérités sur le bonheur

1.Ce qu’on attend ne nous rend pas durablement heureux.

Combien de fois avez-vous été déçu quand vous avez finalement obtenu ce que vous convoitiez ? Nous surestimons la durée et l’impact d’évènements futurs.

2.L’argent ne fait pas le bonheur.

À partir d’un certain niveau, le bonheur n’est plus corrélé au salaire.

3. Les échecs et les déceptions participent à notre bonheur

Il faut accepter toutes les émotions y compris les émotions négatives.

Les déceptions donnent du relief à ce qui reste.

3. Se connaître

3.1 Se fixer et poursuivre des objectifs est important

Avoir des objectifs est libérateur car il nous rend plus efficaces et limite les risques de procrastination. La prise de risque, l’effort et la réaction face à l’échec alimentent les sensations positives.

Tous les objectifs ne se valent pas. Ceux qui sont en accord avec nos centres d’intérêt et nos valeurs sont plus épanouissants que ceux qu’on se fixe pour faire plaisir aux autres.

Le meilleur moyen de tenir ses objectifs est :

  • de les écrire,
  • de ne pas se fixer de deadlines,
  • d’être ambitieux,
  • de fractionner l’objectif.

Il faut capitaliser sur ses forces et ses compétences pour trouver ce qui nous apporte le plus de satisfaction.

La clé d’une vocation n’est pas tant de définir ce que l’on aimerait vivre que d’identifier ce dont on ne pourrait pas se passer.

3.2. Reconnaître son imperfection est salutaire

Le perfectionnisme conduit presque toujours à l’insatisfaction et est impossible à atteindre. La quête de la perfection génère de la frustration.

L’ « optimalisme » est plus réaliste.

L’optimaliste accepte l’idée de faire des choix et des compromis.

Cela correspond mieux à la nature humaine.

Personne n’est parfait.

4. Développer son optimisme, ça s’apprend !

4.1. Changer de regard est indispensable

Notre instinct de survie fait que nous sommes plus attentif au danger qu’aux évènements heureux. Nous sommes plus touchés par le malheur, les évènements tragiques car ils réveillent nos émotions.

Changer de regard permet de voir les choses autrement.

Savoir détecter les bénéfices d’une situation peut avoir des effets positifs sur notre vie et notre santé.

4.2. 2 techniques pour voir les choses autrement

Se prendre en flagrant délit de pessimisme

La meilleure façon de développer son optimisme est de se prendre en flagrant délit de pessimisme et d’engager une bonne discussion avec soi-même.

Dans cet échange, il faut passer en revue les preuves qui soutiennent notre position, chercher des alternatives, imaginer les conséquences et déceler les bénéfices cachés d’une situation a priori inconfortable.

Il faut parfois se forcer pour trouver des alternatives positives mais c’est l’intérêt de l’exercice.

Voici 3 questions clés à se poser :

  • Dans un an, est-ce que cela aura de l’importance ?
  • Qu’est-ce que cet échec remet en question chez moi ?
  • Est-ce entièrement ma faute ou d’autres facteurs externes sont-ils en cause ?

La visualisation

Visualiser ce que nous voulons voir se réaliser contribue à l’avènement du résultat recherché. Nos croyances sur nous-mêmes sont déterminantes.

5. KIFFER

5.1 C’est quoi un kif ?

« Un kif, c’est un évènement, une rencontre, une sensation ou une image qui nous fait du bien et qui nous permet de cerner ce qui nous rend heureux. »

5.2. La différence entre plaisirs et moments de grâce

Il faut distinguer les plaisirs et les moments de grâce.

  • Les plaisirs : instants stimulants qui éveillent nos sens et nos émotions. Il faut en espacer la fréquence ou en limiter la durée pour préserver les effets bénéfiques. Trop de plaisir tue le plaisir.
  • Les moments de grâce : moments qui se produisent au cours d’une activité dans laquelle nous sommes engagés. Nous nous laissons portés et n’avons plus la notion du temps.

Ces instants sont précieux pour faire face à des déboires futurs. Ils permettent de développer notre gratitude.

La gratitude est un muscle qui se travaille. La gratitude a des multiples avantages. Elle permet de mieux supporter le stress, la maladie, les névroses et de développer son empathie.

Au quotidien, les déclencheurs de kifs sont nombreux : bibelots, morceaux de musique, tatouages. A nous de les traquer !

6. Savoir bien s’entourer

Les relations amicales, amoureuses ou familiales sont nécessaires à notre bonheur.

L’homme est un animal social qui a besoin d’interactions sociales.

C’est vrai pour les extravertis mais aussi pour les introvertis. Les extravertis auront juste besoin de plus d’interactions.

7. Inventer des rituels

7.1. Changer est possible

La clé du changement n’est pas d’arrêter quelque chose mais de commencer quelque chose de nouveau.

L’autodiscipline n’est pas la solution, il est plus facile de choisir ses rituels.

Par exemple, je n’arrête pas de consulter mes mails mais je décrète deux heures sans connexion.

7.2. Mille et une façons d’agir pour maximiser son bonheur

  • L’écriture

L’écriture permet d’être moins anxieux, de prendre du recul, de cesser de ruminer et aide à mémoriser des souvenirs.

  • L’activité physique / psychique

L’activité physique a aussi des vertus et stimule notre bonheur.

La méditation, le yoga peuvent également stimuler notre bonheur et nous rendre plus conscients de l’instant présent.

  • Les moments de détente

Nos vies modernes sont de plus en plus chargées.

Des temps de récupération sont nécessaires.

Ces temps peuvent être plus ou moins longs.

15 minutes de pause pour souffler suffisent pour récupérer après une activité intense.

  • L’environnement

L’environnement est très important.

Nous sommes des éponges qui absorbons beaucoup de notre environnement.

Les objets, les photos, les mots comptent.

Il est important d’avoir un entourage bienveillant, une garde positive qui nous encourage.

  • Se concentrer sur une tâche unique

Prendre le temps de faire une seule chose à la fois, ne pas s’éparpiller permet d’augmenter notre bonheur car cela nous donne l’impression de mieux savourer les évènements et de garder un certain contrôle sur nos vies.

A retenir

L’optimisme semble peu répandu.

Pourtant les bénéfices de l’optimisme pour préserver sa santé et être plus satisfaits de sa vie sont démontrés.

La bonne nouvelle, c’est que l’optimisme s’apprend.

La psychologie positive apporte une réponse concrète au malaise social qui existe dans nos sociétés développées. L’augmentation de la richesse produite ne conduit pas au bonheur. L’augmentation du nombre de suicides et de la consommation d’antidépresseurs sont là pour nous le rappeler.

Toutefois, on ne peut pas nier que la psychologie positive est une approche qui demande d’être armé intellectuellement pour prendre du recul sur sa vie et de disposer d’un confort de vie relatif.

En somme, il n’est pas accessible à tout le monde et ne peut pas répondre à tous les besoins.

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Photo Credit : merci à Charles Deluvio


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