Pourquoi j’ai choisi de vivre plusieurs vies au lieu de vouloir changer de vie


Mon choix, Se connaître / dimanche, juillet 22nd, 2018
De la nécessité de rentrer dans un moule 
7 français sur 10 disent vouloir changer de vie alors qu’un français sur deux se dit heureux.
Et si la clé du bonheur résidait dans le fait de vivre plusieurs vies et non pas de changer de vie ?
Pendant des années, moi aussi j’ai cherché en vain à rentrer dans une case et à rêver d’ailleurs.
En France, on a tendance à se définir par son occupation professionnelle ou encore par son diplôme. Cela me surprend toujours quand j’entends une personne citer le nom son école quand elle se présente.
Or, quand on est touche-à-tout, qu’on a un parcours non-linéaire et qu’on n’a jamais su vraiment quel métier occuper, on a vite tendance à complexer et à se sentir marginalisé.
Il faut donner à voir une vision cohérente de sa personnalité, rentrer dans un moule. Trop d’entreprises ont encore peur des profils hors normes. La complexité divise, la nuance effraye alors que les stéréotypes rassurent.
On voit mal un banquier se revendiquer humoriste à ses heures perdues, une infirmière mettre en avant sa médaille de championne de boxe ou encore une mannequin décrocher le prix Nobel de littérature. Pourtant ça existe, c’est même plus fréquent qu’on ne le croit (bon, peut-être pas pour la mannequin 😃). D’ailleurs, à une époque, moi aussi je ne le croyais pas. J’ai donc essayé de rentrer dans un moule.
Vivre plusieurs vies ou ne pas vivre du tout
Puis j’ai compris et accepté que ne pouvoir vivre qu’une vie, c’est comme ne pas vivre du tout et donc s’est se condamner à être malheureux.
Enfin, encore faut-il s’entendre sur les mots, car derrière le terme « plusieurs vies » se cache une réalité multiple.
Il y a ceux pour qui, vivre plusieurs vies, signifie avoir différentes activités en même temps.
Sur le marché du travail, on voit émerger, depuis quelques années, les slasheurs.
Les slasheurs sont des personnes qui décident de cumuler plusieurs activités en même temps.
Derrière ce terme, se cache une réalité multiple. Il y a ceux qui :
* ont choisi de cumuler les activités par plaisir, car ce mode de travail correspond plus à leur mode de vie et état d’esprit.
subissent la précarisation du marché du travail et qui n’ont d’autres choix que de cumuler les activités pour pouvoir survivre.
* décident de vivre plusieurs vies sur des cycles plus ou moins longs. Je vois de plus en plus de personnes de mon entourage, qui ont la trentaine, qui décident de se reconvertir dans une activité parfois très éloignée de leurs études. Ils envisagent cette reconversion comme la première d’une longue série.
Le désintérêt et l’art pour l’art comme moteur 
On a souvent tendance à limiter ce phénomène aux activités marchandes.
Il y a également de plus en plus de personnes qui préfèrent avoir plus de temps libre quitte à rogner sur leur rémunération. On peut toujours gagner plus d’argent alors que le temps est une ressource limitée. Ces personnes mobilisent alors ce temps libre pour s’occuper de leurs proches et/ou pour s’investir dans d’autres activités qui ne sont pas corrélées à une rémunération. C’est le cas des militants associatifs ou des artistes. Internet permet à chacun de devenir un artiste dans le sens où chacun peut créer un contenu ou un produit et le diffuser directement à des milliers de personnes. C’est la théorie de la longue traîne.
Potentiellement, tout le monde peut être remarqué à l’ère du numérique. Devenir remarquable est une autre paire de manche. Il faut pour cela se différencier du trop-plein d’information et des propositions existantes.
Le fait de décorréler rémunération et production artistique offre une plus grande liberté. Cela permet d’innover et de prendre plus de risques.
Quoi qu’il en soit, à l’heure où le bonheur apparaît comme le nouveau graal de toute une génération, mon expérience me montre que cumuler plusieurs activités m’a permis de trouver un équilibre et d’être en paix avec moi-même.
Je ne sais pas si c’est la définition du bonheur, mais je ne regrette pas de ne pas avoir rentrer dans un moule.
Je n’ai jamais voulu ressembler à une tarte.
Et vous qu’en pensez-vous ? Vivez-vous plusieurs vies ? Cela, vous rend-il heureux ?

 

 

Photo Credit : @alex-harvey. Merci !

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