Pourquoi la génération Y ne trouve pas de sens à son travail ?


Articles, Se connaître / dimanche, décembre 16th, 2018

La question du sens prend une place très importante pour la génération née entre la fin des années 70 et le milieu des années 90.

Bien sûr, tout le monde ne cherche pas à trouver du sens par son travail mais de nombreuses personnes se posent ou se poseront un jour la question du sens qu’ils veulent donner à leur vie.

Certains trouveront du sens en fondant une famille.

D’autres en voyageant.

D’autres en créant une entreprise ou encore en s’engageant pour une cause qui les dépasse.

La question du sens au travail est intéressante car le travail a encore une place prépondérante dans notre société pour définir l’identité d’un individu.

« Que fais-tu dans la vie ? » est une des premières questions que l’on pose lorsque l’on rencontre un inconnu.

Cette question m’agace.
La plupart du temps je réponds : «  Je fais de mon mieux ».

Je ne peux pas ignorer que le métier que l’on occupe en dit souvent long sur notre personnalité. Le sens qu’on y trouve ou qu’on ne trouve pas en dit aussi long sur notre époque.

Pour moi, 3 raisons expliquent que la génération Y ne trouve pas de sens à son travail.

1. Des attentes trop fortes

Nous avons projeté des attentes trop fortes sur le marché du travail.

Nous avons pensé à tort que le monde nous attendait.

Nous pensions que les diplômes nous protégeraient de la réalité du marché du travail.

Nous avons eu une vision naïve et idéaliste du travail.

Nous pensions que nous pourrions changer la réalité par notre travail.

Rien n’est plus faux.

Quand nous sommes entrés dans la vie active, nous avons réalisé que nos attentes étaient bâties sur du sable.

Le marché du travail n’est pas conforme à ce que nous imaginions.

Notre avis ne compte pas.

La distinction cols blancs / cols bleus est un mensonge.

La division du travail domine le travail manuel et intellectuel.

Dès lors que le travail est planifié, contrôlé et mesuré dans le but d’augmenter la productivité, il est déshumanisé et donc peu épanouissant.

Nous pensions nous réaliser par le travail.

Nous réalisons que le travail ne permet pas de réaliser (souvent) (toutes) nos potentialités.

Internet et les réseaux sociaux nous renvoie une image fausse de la réalité.

Nous ne cessons de nous comparer aux autres.

Nous avons l’impression que les autres sont plus épanouis que nous.

Nous sommes donc frustrés.

En réalité, quand les gens sont insatisfaits ou tristes ils ne publient pas sur les réseaux sociaux.

En réalité, seuls 9% des français sont réellement engagés dans leur travail.

2. Le matérialisme ne suffit plus à notre bonheur

Nos parents ont accepté d’échanger leur temps contre un salaire.

Ce salaire permettait d’accéder à la société de consommation.

La société de consommation permettait d’accéder au confort matériel.

Ce confort matériel suffisait à les rendre heureux et à accepter un travail peu épanouissant.

Plus les besoins matériels sont satisfaits, plus on cherche à satisfaire d’autres besoins, plus subjectifs.

Ces besoins subjectifs correspondent à la quête de sens, à l’estime de soi.

Le travail participe parfois à la satisfaction de ses besoins.

Il n’est toutefois plus suffisant.

Peu de gens sont prêts à sacrifier leur vie personnelle pour leur travail.

La recherche d’équilibre est une quête constante.

L’ expérience prime sur le statut.

Nous ne cherchons pas à faire carrière mais à vivre une vie à la hauteur de nos aspirations.

Notre capacité à nous ennuyer rapidement nous fait passez pour des enfants gâtés.

En fait, nous avons de multiples centres d’intérêts et comme nous savons que la vie est courte, nous ne perdons pas de temps sur des détails qui ne nous permettrons pas de réaliser nos aspirations.

3. Nous ne voulons pas perdre de temps

Optimiser son temps est devenu le maître-mot.

Nous avons tout pleins d’applications qui permettent de gagner du temps.

Plus besoin d’aller au restaurant et d’attendre de longues minutes pour qu’on nous prépare un repas, nous avons DELIVEROO.

Plus besoin d’aller au cinéma, nous avons NETFLIX.

Plus besoin de perdre son temps pour s’ennuyer, nous avons un FACEBOOK, INSTA ou SNAP.

Paradoxalement, j’ai le sentiment que c’est en cherchant à optimiser mon temps que j’ai finalement perdu le plus de temps !

Jamais auparavant, dans toute l’histoire de l’humanité, il n’a été aussi facile de perdre son temps. En fait, toute notre culture numérique encourage chacun d’entre nous à rester connecté, occupé et distrait de ses propres désirs et besoins émotionnels.

Dans la vie, il est parfois utile de s’ennuyer.

Prendre du temps pour réfléchir à ses objectifs.

Prendre du temps pour construire un parcours qui nous ressemble.

Pour poursuivre un parcours non-linéaire, il faut accepter de perdre du temps.

Prendre le temps de se connaître, d’explorer ce qui nous plaît / nous déplaît.

Perdre du temps n’est pas grave.

Se trouver enfermé dans un chemin sans issu est bien plus embêtant.

Se perdre en cours de route et ne plus avoir la force de se retrouver est aussi bien plus embêtant.

À retenir

Le sens que l’on trouve ou ne trouve pas à son travail est subjectif.

Il dépend de notre perception de la réalité.

Si nos attentes sont trop fortes par rapport à la réalité nous sommes frustrés et nous ne pouvons donc pas donner un sens à notre expérience.

Le travail ne suffit pas à donner un sens à notre vie.

Le sens ne peut pas être trouvé dans un élément externe.

Nous sommes les seuls à pouvoir trouver ce sens.

Trouver un sens à sa vie demande du temps.

On ne peut (re)lier les points qu’a posteriori.

L’important est donc d’avancer vers une situation qui nous satisfait pour lui donner le sens que l’on veut.

« Celui qui a atteint le but a raté l’objectif ».

Photo Crédit : merci à  Justin Luebke



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