Comment réaliser son potentiel et devenir l’artiste de sa vie ?


Articles, Se connaître, Se libérer / samedi, décembre 8th, 2018

La réponse à cette question se trouve dans le livre Etes-vous indispensable ?: Libérez le linchpin qui est en vous… écrit par Seth Godin.

Dans ce livre, Seth Godin nous fait une révélation.

Au 21e siècle, on ne recrute plus sur la base d’un diplôme mais sur la base d’une personnalité.

L’avenir n’appartient ni aux développeurs ni aux entrepreneurs.

L’avenir appartient aux artistes.

1. Qu’est-ce qu’un artiste ?

Pour Seth Godin, un artiste est une personne qui utilise ses ressources intérieures dans son travail : il est créatif et engagé.

Un artiste est une personne qui ose, qui défie le statu quo et qui est généreux.

En effet, l’art est un don qui agit sur le destinataire. Un artiste cherche à changer le regard du destinataire grâce à son travail.

Seth Godin pense que nous pouvons donc tous potentiellement devenir des artistes.

2. Un ancien monde est en train de s’effondrer

Le compromis capitaliste

Avant, on faisait des études pour apprendre un métier. Ce métier nous permettait de trouver facilement un emploi. Pour réussir notre carrière, il fallait obéir et suivre les procédures.

Pour accomplir cet objectif, l’école devait former des salariées obéissants, qui savent respecter les règles.

La peur était au cœur de l’apprentissage. Ceux qui ne respectaient pas les règles étaient sanctionnés.

Il ne fallait pas s’écarter du moule pour ne pas nuire à la productivité.

En échange de ce travail d’exécutant, l’entreprise reversait un salaire qui permettait aux salariés d’accéder à la société de consommation. L’état prenait quant à lui en charge la protection sociale des actifs et non-actifs.

Ce consensus a été remis en question par la division du travail.

L’internationalisation et l’automatisation font voler ce consensus en éclat

Plus un projet pouvait être divisé en de nombreuses tâches, plus il pouvait être produit à un coût marginal proche de zéro. Les entreprises ont donc délocalisé pour réduire les coûts. Quand il faut reproduire des tâches répétitives, les individus sont interchangeables.

Nous pensons à tort que la division du travail s’est uniquement imposée dans le milieu industriel. En réalité, elle s’est également imposée dans les métiers intellectuels.

Le travail est planifié, contrôlé et mesuré dans le but d’augmenter la productivité. Les employés en sont venus à travailler comme des machines. Ils appliquent des procédures et ne sont pas autorisés à s’adapter aux situations.

On peut relire le cas détaillé par Jonathan Lefèvre dans son article L’obsession du service client pour s’en convaincre. Jonathan Lefèvre montre l’incapacité du service client de CDiscount a résoudre un problème a priori simple : le remplacement d’un frigo en panne sous garantie.

Dans ce contexte, la nouvelle vague d’automatisation pourrait supprimer de milliers d’emplois. En effet, des métiers qui autrefois étaient protégés de la délocalisation sont menacés par l’automatisation. Le développement de l’intelligence artificielle va permettre à des ordinateurs d’automatiser une partie du travail qui est aujourd’hui réalisé par des humains.

Si le service client n’a pas de pouvoir de décisions et ne peut pas faire preuve d’initiative, des auto-répondeurs automatiques pourront répondre aux demandes d’information des clients.

Si les consommateurs n’ont le choix qu’entre deux produits standardisés, ils prendront l’option la moins chère. 

Le travail doit donc évoluer. L’expérience humaine doit être au cœur de la production. C’est en cela, que pour Seth Godin on n’achète plus un produit mais une personnalité et une histoire.

3. Un nouveau monde émerge

Internet nous permet d’être acteur de notre destin

Avec le développement d’internet, il n’y a plus d’un côté les méchants patrons qui détiennent les moyens de production et les autres les salariés exploités qui n’ont que leur force de travail.

Aujourd’hui Internet permet aux auteurs, musiciens, photographes… de disposer de ses propres moyens de production.

Comme les coûts d’entrée sont faibles, on voit se développer beaucoup de contenu médiocre mais cela permet aussi au contenu à forte valeur ajouté de se propager.

Le travail émotionnel est revalorisé.

L’important ce n’est plus d’avoir raison mais de poser les bonnes questions.

Chercher à être le meilleur dans des compétences qui peuvent être facilement mesurées est inutile.

Il ne faut pas chercher à être parfait mais il faut devenir indispensable.

Il faut s’engager émotionnellement dans son travail car les compétences humaines sont et seront difficiles à copier.

Il y a de plus en plus de personnes excellentes mais peu de personnes sont capables de penser différemment.

L’art n’est jamais parfait.

L’art ne s’explique pas.

Les êtres les plus humains, les plus matures, les plus généreux et les plus créatifs seront récompensés.

La générosité est (enfin) reconnue

Notre modèle économique sous-estime la puissance du don désintéressé.

Quand une personne fait un don, on s’attend à une réciprocité.

Un artiste donne sans chercher de contrepartie.

Une transaction marchande ne créé pas de liens entre les parties.

Un cadeau oui.

C’est pour cela que le don est un puissant créateur de liens.

On ne fait pas payer un sourire, un conseil, une attention. Cela serait ridicule.

Les vrais artistes donnent parce que c’est ce qui les animent au quotidien.

Ils s’épanouissent grâce au don.

4. La transition de l’ancien monde au nouveau monde est difficile

Devenir un artiste est difficile.

Pour devenir un artiste, il faut diffuser son art.

Il faut le confronter au monde extérieur pour savoir ce que le marché attend.

Il faut aussi être prêt à sacrifier son art.

Notre « cerveau reptilien », la partie qui est à l’origine de nos peurs pousse à ne pas diffuser son art.

Il nourrit les angoisses face à la réaction du monde extérieur.

Il est difficile d’affronter sa peur. Ce qui nous effraye le plus : échouer.

Internet est une drogue qui nourrit cette peur.

Internet nous empêche d’agir.

Le meilleur moyen de défier la peur est d’accélérer.

Ecrire son objectif et imaginer son plan d’action permet de se fixer un cap.

Il n’y a pas de méthodes miracles

Pour devenir un artiste, Il faut se connaître et savoir où on veut aller.

Tout le monde perçoit le monde à travers ses propres biais et ses expériences.

Savoir prendre du recul pour voir le monde tel qu’il est est une compétence rare.

Il faut aussi accepter qu’il y a des choses qu’on ne pourra pas changer. Si votre avion ne peut pas décoller à cause de la neige, il ne sert à rien de ruminer.

On ne doit pas tout prendre personnellement et chercher à donner des leçons aux autres.

Tous ceux qui veulent vous faire croire qu’il y a une méthode pour devenir un grand leader ou un artiste sont des menteurs. C’est précisément l’absence de méthodes qui fait que les artistes sont si rares.

L’autodiscipline demande des efforts à long terme

L’autodiscipline est une compétence indispensable pour réussir dans la nouvelle économie.

Les distractions sont infinies à l’ère du numérique.

On peut se rendre à 100 conférences dans l’année, regarder des milliers de vidéos ou lire des centaines d’articles pour savoir ce que l’on doit faire et ne jamais rien entreprendre !

Devenir indispensable demande un effort.

5. Le mot de la fin

Pour Seth Godin, il faut chercher à développer des compétences humaines car ces compétences ne pourront pas être automatisées. Ces tâches demandent de la créativité, de l’improvisation et de la flexibilité. Il faut savoir gérer et susciter des émotions.

Le travail émotionnel va prendre une place centrale dans nos modes de production. L’avenir appartient donc aux artistes.

Devenir est artiste n’est pas facile. Il faut vaincre ses peurs, diffuser son travail et faire preuve d’autodiscipline pour ne pas se laisser distraire par les multiples tentations qui nous empêche d’agir.

Et si devenir un artiste était un moyen de répondre à la quête de sens qui traverse actuellement la société ?

Photo crédit : merci à David Siglin

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