J’ai découvert la logothérapie alors que je traversais une période de questionnements intenses.

J’ai retrouvé le livre Découvrir un sens de sa vie avec la logothérapie en-dessous de ma pile de livres achetés frénétiquement alors que le « développement personnel » était mon obsession.

De ce fait, j’ai commencé la lecture un peu à reculons.

Il faut dire qu’à force de voir des vidéos, d’écouter des podcasts et de lire des livres sur le développement personnel, j’ai fini par saturer complètement. Tout n’est pourtant pas à jeter dans ces approches.

La logothérapie en est le parfait exemple même si je considère que ce livre est plus un récit de vie qu’un manuel de développement personnel.

Cette lecture m’a apporté des éclairages intéressants sur la psychologie humaine et à modifier ma perception de la réalité. Elle m’a aidé à mettre de la légèreté dans mes questionnements existentiels.

Le livre est assez court, moins de 200 pages.

Il est divisé en deux parties :

  • dans la première partie, l’auteur Viktor E. Frankl relate son expérience dans un camp de concentration pendant la seconde guerre mondiale.
  • dans la deuxième partie, l’auteur présente la logothérapie d’un point de vue théorique.

1. Les camps, terreau d’un nouveau courant psychanalytique

Dans la première partie, l’auteur raconte son expérience de la vie dans un camp de concentration. Il analyse ses réactions et les réactions psychologiques des prisonniers.

Il constate que les prisonniers passent par 3 phases durant leur enfermement :

  • le choc psychologique

Au début les prisonniers sont sous le choc de l’enfermement. Ils nourrissent l’illusion du sursis.

  • l’indifférence

Progressivement les prisonniers entrent dans une phase d’insensibilité aux émotions et d’indifférence.

  • le déni

Enfin ils ont du mal à prendre conscience de la fin que ce qu’ils ont vécu.

L’auteur analyse ensuite ce qui a aidé les prisonniers à tenir.

En ce qui le concerne, ses rêves et son imagination lui ont permis de faire face aux pires souffrances.

Le fait non seulement d’envisager des possibilités futures mais aussi de se remémorer de bonheurs passés lui ont permis de triompher du désespoir et du « vide existentiel » qui s’installe quand on est emprisonné pour une durée indéterminé.

Il en déduit que grâce à leur vie intérieure, les prisonniers pouvaient se protéger du vide, de la désolation et de la pauvreté spirituelle de leur existence.

Les passages qui m’ont le plus ému sont ceux où Viktor E. Frankl raconte comment le souvenir sa femme et son amour pour elle l’a aidé à tenir et à endurer les plus redoutables souffrances.

L’auteur raconte aussi qu’il s’accrochait à des petits bonheurs : observer un coucher de soleil, savourer sa ration de pain de la journée, les sourires échangés, la joie d’échapper à un convoi vers la mort …

Il a remarqué que certains prisonniers étaient plus enclins à se sacrifier pour les autres et à adopter une attitude bienveillante. Même parmi les S.S. certains faisaient preuve d’empathie. Cette observation lui permet d’affirmer que l’homme dispose toujours d’un degré de liberté même dans les situations les plus désespérés.

Comme disait, Dostoievski. : « Je ne redoute qu’une chose, ne pas être digne de mes souffrances. »

2. La logothérapie, une alternative à l’analyse freudienne

Dans la seconde partie de l’ouvrage, l’auteur Viktor E. Frankl, qui est également un psychiatre livre les grands principes d’une nouvelle thérapie qu’il a créé : la logothérapie.

Son approche est très différente de l’analyse freudienne.

Freud insiste sur les névroses sexuelles héritées de l’enfance et sur le rôle de l’inconscient pour expliquer les comportements humains.

La logothérapie insiste sur le sens de la vie.

Selon la logothérapie, on peut découvrir le sens de sa vie de trois façon différente :

  • à travers une oeuvre ou une bonne action,
  • en faisant l’expérience de quelque chose ou de quelqu’un,
  • par son attitude envers une souffrance inévitable.

Viktor Frankl affirme qu’il est possible de trouver un sens à son existence, même dans une situation désespérée. Pour cela, il faut transformer une tragédie personnelle en victoire. La souffrance cesse de faire mal au moment où elle prend un sens.

Sur ce dernier point, le psychiatre s’éloigne de l’idéologie du bonheur qui est très en vogue actuellement. Selon lui, on peut à travers la souffrance donner un sens à sa vie. Notre société a de plus en plus de mal à admettre le droit à la tristesse. Cela renforce le sentiment de culpabilité de ceux qui sont tristes car en plus de leur sentiment de tristesse, ils éprouvent de la honte à être triste.

La responsabilisation est également une notion fondamentale dans la logothérapie. Chaque être humain est responsable de définir le sens de sa vie. Le thérapeute n’est pas là pour apporter des réponses mais pour aider le patient à découvrir le sens qu’il veut donner à sa vie. La logothérapie nous aide à affronter le vide existentiel. Le vide existentiel est un sentiment de plus en plus répandu dans nos sociétés développées. Il se traduit par la montée de 3 phénomènes : la dépression, l’agressivité et la toxicomanie.

Ce que le livre m’a appris

  • L’auteur livre un récit émouvant de sa vie dans un camp de concentration.
  • Les souvenirs heureux permettent de tenir dans des moments difficiles.
  • Avoir des projets permet également de surmonter la condition humaine.
  • Il existe 3 façons pour trouver un sens à sa vie : réaliser une œuvre qui nous dépasse, s’occuper de quelqu’un ou surmonter une souffrance inévitable.
  • L’homme dispose d’un degré de liberté pour définir le sens sa vie.
  • Il n’y a pas de meilleure façon de donner un sens à sa vie même si nos sociétés ont tendance à survaloriser certaines actions ( = créé une entreprise) par rapport à d’autres (= s’occuper de sa famille ou défendre une cause).

Quelques citations

« Tout ce qui est grandiose est aussi difficile à réaliser que rare ».

«  Ce que l’individu a besoin ce n’est pas de vivre sans tension mais bien de tendre vers un but valable, de réaliser une mission librement choisie. »

« L’être humain ne recherche pas le bonheur mais une raison d’être heureux. »

« Plus on s’oublie soi-même en se consacrant à une cause ou à une personne que l’on aime, plus on est humain et plus on se réalise. »