Vivre dans l’instant présent nous rend-il heureux ?


Se libérer / samedi, septembre 8th, 2018

Le pouvoir du moment présent a connu un grand succès car il fait écho au mode de vie de toute une génération qui est née et a grandi dans les années 90-2000.

Des années d’insouciance vite oubliées

Nos parents n’ont pas connu la guerre. Les 30 glorieuses leur ont apporté un certain confort matériel et surtout l’illusion que tout était possible. La paix serait universelle, la faim serait éradiquée, le progrès technique leur apporterait le bonheur. Ils ont sincèrement cru à la fin de l’histoire.

Puis ils ont déchanté, nous aussi.

Nous avons réalisé que la fin de l’histoire n’était pas arrivée, que le chômage de masse était la nouvelle plaie du siècle. Que la pauvreté et la guerre n’avaient pas disparu, mais avaient pris de nouvelles formes. Nous avons également déchanté quand nous avons réalisé le prix à payer pour ce confort matériel ! Notre civilisation est bâtie sur du sable.

Nous détruisons des ressources non-renouvelables, nous sacrifions la planète pour des plaisirs éphémères.

Le bonheur ne s’achète donc pas plus qu’il ne se décrète.

Le choix du moment présent, un choix par défaut ?

Face à un passé qui nous fait honte et un futur qui nous effraye, nous choisissons le présent. Comment pourrait-on faire autrement ?

Le pouvoir du moment présent, au-delà de ces apports sur le plan spirituel, traduit bien cet état d’esprit qui est de vivre sans se soucier du passé ni du futur.

Cela a des effets positifs et libérateurs mais cela comporte aussi de grandes faiblesses.

Et si on devenait tous illuminés ?

L’auteur Eckart Tolle a 30 ans quand il découvre « l’illumination ». « L’ illumination » représente la fin de la souffrance. Auparavant, il était très insatisfait de sa vie et il souffrait régulièrement d’épisodes de dépression. Il décide de retranscrire ses enseignements dans un ouvrage sous la forme de questions-réponses. Il s’agit de ses questionnements personnels, mais aussi des questions que lui ont posé ses lecteurs et les participants à ses séminaires.

Concrètement, comment devenir illuminés ?

  • Il faut mourir avant de mourir

Cela signifie qu’il faut tuer son ego pour vivre en harmonie. La souffrance vient de l’ego. L’ego nous pousse à avoir de multiples pensées inutiles. Elles sont le reflet de notre éducation ou de notre culture. Ces pensées nous poussent à agir selon « un moi mental » et non pas selon notre « être profond ». Nous cherchons donc à l’extérieur le remède à notre souffrance. Dans la vie quotidienne, nous accumulons les biens, nous changeons fréquemment de jobs … en se disant que cela ira mieux, que nous serons plus heureux.

Au final, comme les besoins de l’ego sont illimités nous nous sentons toujours aussi misérables ! Les sociétés développées ont créé un monstre dont il faut se défaire. Elles sont dominées par la peur psychologique. Cette forme de peur est toxique et ne protège pas du danger.

  • Il faut revoir notre rapport au temps

L’auteur fait la distinction entre le « temps-horloge » et le « temps psychologique ».

Le temps horloge est nécessaire pour planifier ses activités quotidiennes.

Le temps psychologique représente le souvenir de nos expériences passées. Si ces expériences sont perçues comme négatives, il y a de fortes chances que nous reproduisions les erreurs passées et que nous agissions avec crainte.

Le seul moyen de se détacher de son mental trop envahissant est de prendre du recul, d’observer ses pensées.

Comment savoir si nous avons atteint l’illumination?

Pour savoir si nous avons atteint cette phase, il faut :

  • se demander s’il y a de la joie, de la légèreté et de l’aisance dans ce que l’on entreprend.
  • consacrer son attention à nos actions elles-mêmes et non pas aux résultats de nos actions.

Si la situation présente ne nous satisfait pas, nous avons 3 options : changer, se retirer ou accepter.

Attention aux faux-amis !

Toutes nos actions comportent du positif et du négatif. Souvent, on considère que quelque chose est négatif alors qu’il revêt un sens caché. La difficulté, la maladie, la perte d’un être proche peuvent nous aider à grandir, à être éveillé.

Accepter ce qui est permet de se libérer des représentations individuelles et collectives de ce qui est bien ou mal.

Lâcher prise ne signifie pas renoncer à agir. Il peut y avoir de l’action dans l’inaction. Quand on lâche prise on discerne mieux les choses et on se concentre sur le geste à accomplir ici et maintenant.

Ce que l’on fait maintenant contribue à faire de nous ce que nous sommes. Pour être libre de choisir ses actions, il faut être conscient. Sinon nous restons prisonniers de notre mental qui nous pousse à agir selon des conditionnements passés ou des projections futures.

Vivre dans l’instant et construire un avenir plus heureux au quotidien

Vivre dans l’instant présent ne permet cependant pas de construire et de transmettre une identité et des valeurs.

Une civilisation qui ignore son passé et ne se projette pas dans l’avenir ne peut que péricliter. L’urgence est de trouver des alternatives en tirant les leçons de ses erreurs passées et d’imaginer un avenir plus respectueux de la planète et de notre humanité.

Se poser la question de la transmission implique une responsabilité pour notre génération. Nous devons donner aux générations qui viennent l’audace d’espérer un monde plus humain, plus respectueux de l’autre et de la nature. Un monde plus conscient de sa chance d’avoir hérité des connaissances de ses ancêtres pour inventer sa définition du mieux-vivre. Inventer un mieux-vivre se construit au jour le jour. Nos actions quotidiennes influencent nos modes de pensée et de vie.

Contrairement aux discours dominants qui veulent nous laisser croire qu’il n’y a pas d’alternative, ce livre montre qu’il existe des possibles tant sur le plan individuel que collectif. Ces possibles sont nos actions individuelles : trier nos déchets, mieux consommer, mieux dialoguer avec nos voisins, nos amis, notre famille.

Vivre dans l’instant présent tout en bâtissant un avenir plus heureux n’est donc pas seulement possible, cela est souhaitable.

Photo Credit : @Jane Palash Merci!

 

 

Laisser un commentaire