À tous ceux qui ne savent pas

Il y a ceux qui savent tout de suite ce qu’ils vont étudier, le métier qu’ils vont exercer toute leur vie, la ville où ils vont s’installer, le lieu où ils passeront leurs vacances … et il y a les autres !
Je fais partie de cette seconde catégorie.
J’ai choisi des études généralistes.
Je n’ai jamais eu d’idée précise du métier que je voulais exercer.
J’ai vécu dans plusieurs villes et je déménagerais probablement encore un jour.
Et j’ai toujours eu envie d’explorer le monde.
À l’heure où tout le monde dit qu’il faut définir clairement ses objectifs pour les atteindre, je ne sais pas où je vais.
Je n’ai pas de plan de carrière ou de plan de vie bien défini.

Pourtant, je le vis bien …
… ou plutôt je le vis mieux !

Le fait de ne pas choisir une seule direction dans un pays comme la France où il faut très vite choisir sa voie et où bifurquer est encore mal vu est angoissant.
J’en ai fait les frais.

Depuis, j’ai décidé de relâcher la pression et d’appliquer des principes simples.

Se mettre en mouvement

J’ai remarqué que plus je me posais de questions et plus j’avais de l’information et moins j’avançais.
J’étais paralysé par la peur de me tromper.
J’avais peur que mon parcours ne soit pas cohérent.
Mes envies contraires semblaient inconciliables.
Dans le même temps, plus je procrastinais et plus je culpabilisais.
J’étais rentré dans un cercle vicieux.
Il fallait en sortir.
J’ai donc décidé d’arrêter de vouloir rationaliser mes choix et de me mettre en mouvement.
Je fais des choses qui m’intéressent sans avoir de but précis, pour le plaisir d’apprendre.
Après avoir lu Mon traître et Retour à Killybegs, je me suis passionnée pour l’histoire de l’Irlande.

J’ai passé plusieurs heures à faire des recherches sur ce pays.

Dernièrement je me suis intéressée à la calligraphie, à l’ayurveda, à la littérature victorienne…

Le lien entre ces thématiques ?
Il n’y en a pas ou alors je ne l’ai pas encore découvert.

Faire confiance à la vie

Cependant peut-être qu’un jour, à l’aube du chemin parcouru, je pourrais relier les points.

J’ai décidé de faire confiance en la vie.
J’ai acquis la conviction que ne pas savoir où aller était un avantage certain à notre époque où tout est incertain.
Ne pas savoir où aller permet de laisser la porte ouverte à l’imprévu et ne pas s’enfoncer dans une voie toute tracée pour construire un parcours de vie qui nous ressemble.

Et si ceux qui savent ne savaient pas vraiment ?

C’est une de mes grandes théories.
Je me méfie des personnes qui ne doutent jamais.
Au final, je pense que c’est une façade pour se rassurer.
L’inconnu fait peur.
Se dire qu’on sait où aller permet de se protéger face à l’imprévu et se donner l’illusion de contrôler sa vie.
Or plus je vieillis, plus je m’aperçois à quel point nos vies sont conditionnées.
Nous ne choisissons pas notre pays, notre milieu social, notre état de santé …

Au final, pour avancer quand on ne sait pas aller, il suffit de se mettre en mouvement.

Le temps et la vie feront leur œuvre.
Se laisser surprendre, ça peut avoir du bon !

Photo : Merci à Caroline Hernandez