Comment j’ai échoué à sortir du moule et à créer mon job


Articles, Se libérer / mardi, novembre 13th, 2018

En 2016, je me suis lancée dans l’entreprenariat suite à 3 déclics.

J’avais pris conscience du défi climatique.

J’avais pris conscience du manque de sens de mon travail.

J’avais pris conscience du manque de temps (pour moi) (tout court).

J’ai lancé le projet IMPACT’ONS.

L’ambition était de « changer le monde ».

Ca peut sonner prétentieux comme ça.

Mais j’ai été nourrie à la « startup academy » donc à l’époque, je pensais sincèrement être visionnaire.

Du haut de mes 25 ans, je voulais aider les DG de PME à intégrer le développement durable dans leur business.

Bien sûr, je n’avais jamais fait ça avant.

Je n’avais jamais eu la moindre expérience en lien avec le sujet.

Et le comble, à titre personnel, j’étais loin d’être écolo.

Pour ma défense:

  • j’avais lu toutes les théories scientifiques, potassé des manuels sur la RSE, l’impact investing, l’entrepreneuriat social et j’avais visionné des tonnes de documentaires.
  • j’essayais sincèrement de changer mon mode de vie.

3 ans après, je peux faire calmement le bilan de cette expérience et comprendre mon échec.

1. Je voulais changer le monde sans me changer moi-même

J’ai péché par mon arrogance.

Ma posture de « donneuse de leçons » ne pouvait pas susciter l’engagement.

On ne me prenait pas au sérieux ou pire on me trouvait moralisatrice.

Il est toujours plus facile de voir ce qui ne va pas chez les autres.

Pendant 3 ans, j’ai donc adopté le slogan « ça commence par moi ».

Je ne cherche plus à convaincre mais à informer, à faire réfléchir, à poser des questions.

Mon âme d’étudiante « Sciences Po » n’est jamais loin, mais j’essaye d’écouter et de ne pas imposer mon opinion.

Je parle de mes difficultés. Se changer est difficile. Il faut balayer devant sa porte.

Identifier ses contradictions, les assumer parfois.

Je remarque que mon message est mieux perçu.

Dans le même temps, je me sens plus cohérente, plus alignée avec mon discours.

2. Je manquais de confiance en moi

Derrière la façade publique, je manquais de confiance en moi.

Je remettais en question mon projet en permanence.

Je trouvais toutes les excuses pour échouer : ce n’est pas le bon moment, il n’y a pas de marché pour ça, je n’y connais rien…

Je ne me sentais pas légitime.

Il y a des gens qui peuvent convaincre sur une intentionnalité.

Je ne suis pas de cette race-là.

J’avais besoin d’expérimenter pour convaincre.

Pourtant, j’étais incapable d’expérimenter, tétanisée par la peur.

3. Je n’ai pas su affronter l’échec

Quand j’ai eu les premiers retours négatifs sur mes devis, je me suis effondrée.

Je ne me reconnaissais pas.

Comme si « Xenia » se réincarnait en « Calimero. » .

En même temps, les études ne m’avaient pas appris l’échec.

Je n’ai pas su décoller face à l’inconnu.

Échouer est difficile.

J’ai compris plus tard, que ceux qui n’échouent jamais sont ceux qui n’ont jamais rien essayé.

4. J’étais une entrepreneuse pressée

Je n’avais pas d’offre clairement définie.

Je ne connaissais pas le secteur.

Je n’avais pas d’expérience.

Pourtant, je n’ai pas pris le temps d’identifier un problème, de connaître mon marché, de faire des tests, de re-définir mon offre …

J’étais incapable d’appliquer tout ce que j’avais appris sur le « lean startup ».

J’ai foncé tête baissée avec des méthodes toutes faites et mon arrogance.

J’étais obsédée par vendre mes premières missions.

J’aurai dû être obsédée par mon problème, mon marché, mes clients.

5 J’ai manqué de détermination

Ceux qui réussissent sont aussi ceux qui essayent le plus.

Pour ma part, après 3 devis refusés, je me suis dégonflée.

Ces rejets ne faisaient que confirmer mes prophéties auto-réalisatrices.

J’ai donc abandonné l’idée et j’ai cherché un nouveau job.

Je compris plus tard que la détermination comptait plus que l’idée.

 

Au début, j’ai mal vécu l’échec.

Je l’ai supprimé de mon CV.

Je n’en parlais pas.

J’ai eu du mal à digérer.

Personne n’aime échouer.

Soyons honnêtes, si on peut réussir sans c’est quand même mieux !

Aujourd’hui je l’assume.

Il m’a aidé à identifier mes faiblesses, mes verrous psychologiques, mes peurs.

En somme, il m’a appris à me connaître.

Mon seul regret ?

Ne pas avoir échoué avant.

 

Photo Crédit : Merci à Andre Hunter


 

 

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