Quand j’ai commencé à travailler, je cherchais le job idéal.

Pour moi, un job idéal signifiait :

un job intéressant + bien rémunéré

Je pensais que trouver ce job idéal me rendrait heureuse.

Cette vision correspondait aux promesses que l’école et mes parents m’avaient faites.

Puis j’ai compris, après de multiples expérimentations, que le job idéal n’existait pas.

Tout est question d’équilibre.

Même la plus belle vue du monde attire des moustiques.

Cette lucidité ne m’a pas empêchée de m’interroger sur le sens de ma vie.

C’est ce qui m’a conduite à découvrir le concept d’IKIGAI.

La question du job idéal est alors revenue sur le tapis.

J’ai cru m’être trompée.

J’ai cru qu’il fallait trouver le job idéal pour parvenir à l’IKIGAI.

Cette pensée a hanté mes nuits.

Je suis légèrement obsessionnelle quand j’ai une idée en tête !

Puis j’ai reconsidéré cette croyance.

Dans cet article, je vais vous livrer les conclusions auxquelles je suis arrivée.

 

1. L’IKIGAI, qu’est-ce que c’est ?

 

L’IKIGAI est un mot japonais.
Il se compose de :

  • « IKI » qui signifie « vivre »,
  • « GAI » qui signifie « raison ».

L’IKIGAI signifie donc ni plus ni moins « trouver sa raison de vivre ».

Il s’agit de réfléchir à la raison pour laquelle nous nous levons le matin.

Le concept vient de l’archipel d’Okinawa au Japon rendu célèbre pour ses centenaires.

Comme le montre le schéma ci-dessous, l’IKIGAI serait à la jonction de 4 composantes :

  • les passions,
  • les talents,
  • ce dont le monde a besoin,
  • ce pour quoi vous êtes payés.
IKIGAI-JOB_IDEAL.jpg
Credit Photo : Tanja Föhr

 

Vous aussi vous commencez à avoir un malaise à la vue de ce schéma ?

Ne vous inquiétez pas.

Cela m’a fait ça aussi la première fois.

Pour être honnête j’ai d’abord cru à une énième méthode miracle qui, sous couvert d’aider les gens, servait à leur vendre du rêve.

Puis, après mûre réflexion, je suis revenue sur ce jugement.

Mais pour cela j’ai dû déconstruire de nombreuses croyances et changer d’état d’esprit.

Mais j’y reviendrai.

 

2. Comment trouver son IKIGAI ?

 

Il existe des centaines d’exercices pour trouver votre IKIGAI. Des dizaines de livres et d’articles sont parus sur le sujet.

Si vous voulez creuser, voici quelques références d’ouvrages qui proposent des exercices pratiques :

En ce qui me concerne, j’ai lu uniquement : Le livre de l’ikigai : le secret du bonheur écrit par Bettina Lemke.

D’après les avis que j’ai pu voir ici et , il s’agit de l’ouvrage le plus complet sur le sujet.

Je n’ai pas fait tous les exercices décrits dans le livre mais certains aident à avancer.

J’ai beaucoup aimé l’approche d’intégrer le corps dans ces réflexions, notamment à travers les exercices de respiration.

En effet, nos corps parlent et peuvent nous aider à mieux nous connaître.

J’ai sélectionné les exercices que j’ai trouvés les plus pertinents pour élaborer une méthode qui vous aidera à trouver votre IKIGAI.

J’y consacrerai un article très prochainement.

Pour être informé de sa sortie, cliquez ICI.

 

3. Les méthodes pour trouver son IKIGAI ne servent à rien

 

Je ne remets pas du tout en cause les approches théoriques.

Certains exercices m’ont aidée à avancer.

Toutefois, les exercices seuls ne sont pas suffisants.

Tant que je faisais ces exercices seule dans mon coin, je n’étais pas à l’aise.

 

4. Trouver son IKIGAI, ce n’est pas trouver le job idéal

 

En réalité, je me mettais trop de pression.

Je bloquais sur la plupart des exercices. J’arrivais à identifier des talents.

J’arrivais à identifier pourquoi je pouvais être rémunérée.

J’arrivais à identifier des passions très diverses et éphémères.

En même temps, le propre de la passion est de ne pas durer, n’est-ce pas ?

Par contre, je n’arrivais pas à identifier ma contribution au monde.

Je trouvais d’ailleurs ça très prétentieux.

Je n’arrivais pas non plus à combiner tous les cercles.

En réalité, je pensais que trouver son IKIGAI consistait à trouver le job idéal. Pour moi, il fallait que je trouve une activité pour laquelle :

  • j’étais douée,
  • je me passionnais,
  • j’étais payée
  • j’apportais ma contribution au monde.

J’étais donc embourbée dans mon schéma de pensée.

Je tournais en rond.

Je ne trouvais pas une seule activité qui arrivait à cocher l’ensemble des critères.

Je ne pourrais donc jamais être heureuse ?

Pour ne pas sombrer dans la dépression ou le cynisme, j’ai décidé de changer d’état d’esprit.

J’ai réalisé que j’étais retombée dans une croyance issue de l’ancien monde.

Dans cet ancien monde, on attend tout du travail rémunéré.

On n’intègre pas que d’autres formes de travail sont possibles.

En écrivant ces mots, je repense à l’interview de Pauline.

Pauline travaille dans une association et rédige un blog. Ses activités sont un réel travail et participent à son épanouissement.

L’IKIGAI ne se limite donc pas à trouver un job

idéal, mais à trouver l’équilibre de vie qui nous

correspond.

« Vous pouvez trouver votre IKIGAI en regardant le soleil se lever, en donnant rendez-vous à des amis pour aller faire un jogging, en lisant des livres qui vous plongent dans un autre univers, en prenant soin des autres, en exprimant votre créativité …. »

Pour cela, pas de mystère, il faut expérimenter.

Vous pensez qu’écrire est le verbe de votre vie ?

Commencez par écrire des articles. Publiez-les.

Si vous êtes capable d’écrire toutes les semaines pendant des années par plaisir alors vous êtes certainement dans le vrai.

Enfin, c’est la conclusion à laquelle je suis parvenue en ce qui me concerne.

Vous pensez qu’enseigner est le verbe de votre vie ?

Commencez par des cours à domicile.

Si vous sentez que vous êtes dans votre élément, vous pourrez vous investir pour préparer des concours ou pour lancer des formations.

Vous pensez que vous n’apportez rien au monde ?

Allez rencontrer des associations qui vous touchent ou lancez la vôtre.

Occupez-vous d’un proche.

Comme le montre Viktor Frankl s’occuper de quelqu’un est un bon moyen de trouver un sens à sa vie.

La satisfaction naît de la joie d’avoir accompli quelque chose.

Elle ne naît pas en rêvant à une vie idéale qui n’existe pas.

Au contraire, cela génère de la frustration.

La satisfaction ne naît pas non plus en restant seul dans votre coin à ruminer sur ce que vous pourriez faire pour trouver le sens de votre vie.

Allez échanger, expérimenter, vivre.

Emprunter les routes aventureuses et chaotiques de la vie, quitte à échouer.

Et surtout, n’ayez pas peur de perdre du temps.

Le temps passé à expérimenter n’est pas du temps perdu !

 

4. Trouver son IKIGAI est le chemin de toute une vie

 

Une chose aussi que j’ai réalisée est que l’IKIGAI est une matière vivante.

Il évolue.

Je n’ai pas les mêmes envies aujourd’hui qu’il y a 10 ans.

Je suppose que je n’aurais pas les mêmes à 70 ans.

Par ailleurs, nul besoin de cocher l’ensemble des cercles d’une seule fois.

On peut voir cela comme un processus.

Mon travail salarié me permet de cocher deux cercles sur quatre.

Il me permet d’ exprimer mes talents en étant rémunérée.

Mes loisirs autour de l’écriture me permettent de m’adonner à ma passion et de partager mes apprentissages.

Cela représente un petit pas pour l’homme, mais c’est ma façon d’apporter ma contribution au monde.

Pour l’instant, cet équilibre me convient.

Il ne faut pas se mettre la pression pour ce qui a trait à notre contribution au monde.

On peut contribuer de multiples façons : en créant des articles, en aidant un proche malade, en s’occupant de ses enfants …

Enfin, l’IKIGAI n’est pas figé dans le marbre.

Heureusement !

Il serait bien triste de se réveiller en se disant que nous n’avons pas d’autre choix que de faire la même activité toute notre vie.

 

Ce qu’il faut retenir

 

  • L’IKIGAI est une philosophie de vie pour trouver un équilibre et non pas un outil pour trouver le job idéal.
  • Il existe différents exercices pour mieux se connaître et construire son IKIGAI dont ma méthode (à venir).
  • Il est très difficile de trouver son IKIGAI seul dans son coin.
  • Les échanges, l’exploration et l’expérimentation sont indispensables pour créer son œuvre.
  • Trouver son IKIGAI n’est pas un long fleuve tranquille, il faut emprunter les routes aventureuses et chaotiques de la vie.
  • C’est pour cela que l’IKIGAI n’est pas une destination mais un voyage qui évolue en permanence.
  • Si vous voulez trouver un job qui vous correspond plus, je vous conseille de laisser tomber l’IKIGAI et de vous concentrer sur vos talents.

 

Crédit Photo Principale : merci à Joseph Barrientos