La crise du Coronavirus est un évènement historique.

Le Coronavirus nous a déjà fait entrer dans un autre monde.

Une société où la sobriété s’impose à tous sans distinction.

Un pays où se nourrir et rester en sécurité sont désormais nos principales préoccupations.

Une société où les libertés individuelles sont réduites à peau de chagrin.

Ci-dessous quelques enseignements tirés de cette crise pour mieux comprendre la psychologie humaine.

 

Leçon 1. Nos cerveaux ont du mal à saisir les évènements invisibles et imprévisibles comme le Coronavirus

Le Coronavirus n’est pas un cygne noir 

Nos cerveaux ont du mal à saisir ce qui n’est pas visible.

C’est pour cela que nous avons mis du temps à réagir face à la pandémie du Coronavirus.

On percevait le Coronavirus comme un phénomène lointain quelque part en Chine.

Nous ne percevions pas le danger sur nos vies, ici en France.

Ensuite, une pléthore d’analyses ont affirmé à tort qu’il s’agissait d’un cygne noir.

Un cygne noir est un évènement hautement imprévisible.

Ce phénomène a été théorisé par un ancien trader, Nassim Taleb.Nassim Taleb a affirmé que le Coronavirus n’était pas un cygne noir.

Il y a 13 ans, Nassim Taleb prédisait déjà le risque d’épidémies

Simplement, nous n’avons pas voulu croire ceux qui nous mettaient en garde contre les risques de pandémies.

Nous n’avons pas voulu questionner nos croyances.

Nous avons ignoré les Cassandre qui annonçaient la crise sanitaire : les collapsolgues et mon voisin Gérard qui, dès le mois de janvier, ne voulait plus me serrer la main.

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En réalité, la majorité de la population moi y compris, nous moquions de ces énergumènes.

C’est qu’à force de crier au loup, plus personne ne vous croit quand le danger arrive.

Pourtant des signes auraient dû nous alerter.

Des signaux faibles pré-existaient 

Nos cerveaux ont associé cette maladie à une “grippette”.

Or qui a peur d’une “grippette” ?

Le fait que la Chine ferme toutes ses industries et confine sa population aurait dû nous alerter.

La vérité est qu’il était extrêmement difficile de démêler le vrai du faux.

Nous avions trop de signaux contradictoires.

La Chine se confinait mais dans le même temps il fallait aller voter.

Emmanuel Macron affirmait encore début mars qu’il n’y avait :

« aucune raison, mis à part pour les populations fragilisées, de modifier nos habitudes de sortie ».

Face à des informations contradictoires, nous avons préféré adhérer à ce discours d’autorité.

Nous n’avons pris conscience de la gravité de la situation que quand le virus est arrivé à nos portes ( Italie, Espagne).

De plus, nous essayons de nous raccrocher à des chiffres, des prédictions pour nous rassurer.

Enfin, nous ne voulons pas admettre notre ignorance et notre vulnérabilité.

La vérité est trop difficile à entendre.

Personne ne sait combien de temps va durer l’épidémie du Coronavirus ni quel sera son impact à long terme.

Cet inconnu nous effraye.

 

Leçon 2. Le Coronavirus montre que la méthode la plus efficace pour changer les comportements est la contrainte

L’homme préfère changer quand il n’a plus le choix.

Il faut arriver à une impasse pour changer drastiquement nos comportements.

Le confinement est la mesure la plus efficace prise par un gouvernement d’un point de vue écologique.

Les émissions de CO2 ont drastiquement diminué.

Les villes sont silencieuses comme jamais.

Les poissons reviennent dans les eaux désormais propres des canaux de Venise.

Bien sûr ces répercussions ne vont certainement pas durer.

Quand nous aurons de nouveau le choix, nous allons revenir à nos excès.

Je ne pense pas qu’on soit prêt à renoncer à notre “confort marginal”.

Le “confort marginal” c’est ce que nous consommons par flemme ou par futilité.

Par exemple :

  • acheter le dernier smartphone à la mode,
  • acquérir des écouteurs sans fil,
  • se faire livrer tout et n’importe quoi en un clic

Ce type d’achat à un impact délétère sur l’environnement et n’améliore pas notre bien être comme le montre très bien cet article.

Face à l’abondance, les choses perdent de leurs saveurs.

Adolescente, je consommais les séries avec parcimonie.

Je savais que je devrais attendre une ou deux années pour retrouver mes personnages préférés.

Je n’avais pas accès à des centaines de séries comme aujourd’hui ( merci Netflix !)

Pourtant, j’ai l’impression que cette “rareté” et cette “attente” rendait ce moment magique.

Aujourd’hui, dans cette abondance et cette disponibilité immédiate, j’ai perdu cette “magie”.

Comme le montre cet article, il n’est pas facile de chiffrer l’impact environnemental du streaming.

Toutefois le binge-watching à 7 milliards d’habitants n’est pas soutenable.

Être raisonnable dans notre consommation est indispensable.

Pourtant, force est de constater que nous n’y arrivons pas.

Nous sommes incapables de renoncer à notre “confort marginal”.

C’est pour cela que nous préférons la contrainte.

Nous avons besoin d’un sérieux coup de pouce pour changer. 

Il nous faut une réglementation contraignante qui nous force à la sobriété.

Pour cela, il faut :

  • pénaliser l’obsolescence programmée et obliger les industriels à garantir et à réparer les objets sur une longue durée,
  • mettre en place une tarification progressive de l’énergie,
  • instaurer des quotas de CO2 par personne pour nous forcer à moins prendre l’avion et à être plus conscients de notre impact,
  • obliger les entreprises à indiquer sur leurs produits le coût “environnemental” de leurs productions.

Il ne s’agit pas d’instaurer une dictature verte mais de rendre visible ce qui ne l’est pas pour nous forcer à prendre les bonnes décisions.

Si nous ne le faisons pas, nous allons être privés de nos libertés d’une façon bien plus violente.

 

Leçon 3. Les crises comme celle du Coronavirus renforcent nos croyances.

La crise du Coronavirus renforce nos croyances.

Pour certains, c’est le signe que le monde court à sa perte.

C’est un signal envoyé par la Terre pour nous avertir du chaos à venir.

Une sorte d’avertissement proportionné comme le défend cet article.

Pour d’autres, c’est au contraire l’annonce d’un complot.

Une vidéo a fait le buzz sur les réseaux sociaux.

Elle a été visionnée plus de 3 millions de fois en 24 heures.

Un homme y affirme que le virus a été créé par l’Institut Pasteur.

Cette folle rumeur se fonde sur un brevet déposé par l’Institut Pasteur en 2004.

Ce brevet est un vaccin contre le SRAS, virus qui a une composition similaire à celle du Coronavirus. Cette similitude suffit pour que l’auteur y voie le signe d’un complot.

L’Institut Pasteur aurait “créé” ce virus pour vendre des vaccins.

Nos croyances sont aussi à l’oeuvre dans nos réactions face au Docteur Raoult.

Il est vu comme un sauveur ou un charlatan selon vos convictions.

Je ne vais pas alimenter la polémique.

Voici mon constat :

  • Les institutionnels ( la revue Science, le Comité Scientifique) et les médias traditionnels ont dû mal à croire aux solutions proposées par le Docteur Raoult.

Ils ont besoin de plus de “preuves”, d'”essais” de plus grande ampleur.

Ils ont besoin d’analyser la situation de fond en comble avant d’agir.

Et cela est bien normal, ils ne peuvent pas prendre le risque de se tromper.

Cela aurait des conséquences dramatiques sur leur réputation.

Imaginez si on s’aperçoit dans quelques mois que l’administration de chlorhydrine sur des patients atteints du Coronavirus est responsable de paralysie.

  • Les électrons libres (Eric Cantona, Idriss Aberkane, Philippe Douste-Blazy) et les réseaux sociaux se sont montrés plus enthousiastes.

Ils sont prêts à accepter l’erreur et à recourir à des méthodes non conventionnelles face à la situation.

Ils sont davantage tournés vers l’action.

Nous avons tous des biais moi y compris.

Notre réalité est construite socialement.

Comme le dit Einstein “la réalité est une invention bien que convaincante”.

Le Coronavirus est un peu comme le test psychologique de la tache d’encre où chacun va y voir ce que notre inconscient veut lui fait voir.

 

Leçon 4. Nous sommes des êtres irrationnels

Avant même l’annonce du confinement, une partie de la population s’est ruée aux supermarchés pour acheter des vivres.

Nous avons toujours vécu dans l’opulence.

La peur de manque nous fait agir de façon totalement irrationnelle.

Ce phénomène est exacerbé par l’impression de pénurie laissée par des rayons vides.

C’est comme cela que je me suis retrouvée à acheter les 4 derniers kilos de pâtes un mercredi au Super U du coin.

J’en rigole aujourd’hui avec le recul mais ce type de comportements peut avoir de lourdes conséquences.

Il peut devenir pour reprendre l’économiste Keynes une “prophétie réalisatrice”.

Si tout le monde avait agi comme moi nous aurions créé une pénurie alors même que la production était suffisante.

Quand nous n’avons aucune emprise sur la situation, nos émotions sont exacerbées et nous devenons encore plus irrationnels qu’à l’accoutumée.

Dans ce contexte, pas étonnant que le nombre de divorces explose en Chine.

Dans la même veine :

  • nous nous précipitons pour acheter des gels hydroalcooliques,
  • nous nous mettons à fabriquer des masques en tissus.
  • 38% des Américains n’achètent plus de bière Corona

Depuis quelques jours, je vois de plus en plus de personnes exhibent avec fierté “un masque fait maison.”

Le port d’un masque n’immunise pas contre la maladie et son efficacité pour se protéger de la contamination reste à prouver.

Cela est d’autant plus vrai s’il s’agit d’un masque fabriqué par nos soins.

Pour être efficace, le masque doit être régulièrement changé et il doit être fabriqué avec un tissu filtrant les particules.

Ces actions sont irrationnelles, elles nous rassurent car elles sont visibles.

Nous avons l’impression de pouvoir agir pour lutter contrer le virus.

La vérité est que ces actions peuvent être contreproductives.

Elles peuvent changer notre perception du risque.

Ceux qui portent un masque peuvent se sentir davantage “en sécurité”.

Ils peuvent être plus désinvoltes vis-à-vis des gestes barrières réellement efficaces :

  • se laver les mains,
  • maintenir une distanciation sociale

Leçon 5. Nous avons profondément besoin de liens sociaux

Les moments “ensemble mais seuls” explosent.

Apéros connectés, sport en communauté, webinaires, rendez-vous quotidiens sur nos balcons.

Au cours des dernières semaines, j’ai reçu bon nombre d’invitations à des évènements Zoom.

En 2 mois, l’entreprise aurait gagné autant d’utilisateurs que sur toute l’année 2019.

Zoom est une application qui permet de passer des appels vidéos mais son usage va au-delà du simple appel.

Ainsi, je suis mon cours de Yoga hebdomadaire grâce à Zoom.

L’isolement nous fait prendre conscience que nous avons besoin de liens sociaux.

Le confinement nous rapproche.

Il est certes plus confortable d’être confiné dans une maison de 200 mètres carrés avec jardin que dans un petit 30m2 mais nous sommes tous priver.

Soudainement, nous nous rappelons que nous sommes tous humains.

Même mes clients sont plus gentils et polis avec moi.

En temps normal on ne cesse de rappeler que :

  • “le client est roi”,
  • je suis payée pour écouter leurs plaintes et leurs insultes.

Sommes-nous devenus tous plus gentils ?

Les liens sociaux nous rassurent.

Savoir que nous ne sommes pas le seul à vivre cette situation nous aide à mieux l’accepter.

Pour autant le confinement est une épreuve très difficile pour tout le monde il est encore plus éprouvant pour :

  • les personnes qui sont isolées,
  • les individus qui n’ont pas accès au capital culturel dont parle Bourdieu,
  • ceux qui sont concernés par la fracture numérique

En somme, tous ceux qui font partie de cette France périphérique dont parle si bien Christophe Guilluy.

L’impact psychologique du confinement sera d’autant plus important que nous n’en connaissons pas la durée.

Des psys alertent sur les risques d’augmentation des actes suicidaires et de violence.

Les signalements pour violence conjugale ont considérablement augmenté (+30%) depuis les débuts du confinement.

Le personnel soignant et les enfants pourraient développer des symptômes de stress post-traumatique.

Personnellement, j’ai un caractère assez nerveux.

Le climat anxiogène actuel n’arrange rien à l’affaire.

J’oscille entre élans de création et errements mélancoliques.

Au début, je culpabilisais d’être improductive alors que le monde continuait à tourner.

Quand votre feed est rempli de gens qui profitent de la crise pour apprendre une nouvelle langue ou donner des cours, être sur son canapé à manger une glace et à regarder Netflix est diablement culpabilisant.

Pourtant, progressivement j’ai accepté l’idée d’être “improductive”.

Comme Mark Manson le préconise dans son dernier article, réduire son niveau d’exigence et ses attentes est salutaire.

Nous allons entrer dans une période très difficile.

Les conséquences du Coronavirus seront durables.

Nous allons tous être directement ou indirectement touchés.

Statistiquement, il y a de fortes chances pour qu’un de nos proches soit malade, décède, perde son emploi, se sépare ou change radicalement de valeurs suite à la crise.

Préserver sa santé mentale et son énergie face aux épreuves à venir me semble indispensable.

Alors oui, on peut rester sur son canapé quelques jours sans culpabiliser.

 

Leçon 6. L’excès d’information et de réseaux sociaux est néfaste pour la santé mentale

Plus que jamais j’ai réalisé à quel point l’excès d’information et de réseaux sociaux en particulier pouvait être néfaste pour la santé mentale.

Je partage le coup de gueule de Pierre Dron sur Linkedin.

Je n’en pouvais plus de lire des messages disant qu’il fallait tire partie de cette crise pour

  • se former,
  • améliorer sa productivité,
  • revoir ses modes de consommation

Je n’en pouvais plus de lire et/ou d’écouter des informations anxiogènes sur la situation économique alors même que je m’apprêtai à lancer ma microentreprise.

Sans compter les entreprises qui profitent de la crise pour nous vendre tout et n’importe quoi.

Comme le dit très bien Seth Godin les sites d’information et les réseaux sociaux ont été conçus pour répandre la panique.

Or l’anxiété est contagieuse.

Il suffit que 6 personnes paniquent dans un avion pour que tous les passagers soient pris de vertiges.

La sérénité est beaucoup moins contagieuse.

Elle n’existe que dans certains environnements comme les bibliothèques.

Pour recréer cet espace de sérénité chez moi :

  • j’ai drastiquement réduit ma consommation de médias sociaux et de sites d’information,
  • je développe le sentiment d’acceptation.

Je ne cherche pas à profiter de la crise pour “devenir une meilleure version de moi-même” mais au contraire pour accepter mes fragilités.

Comme le souligne très bien Mark Manson dans son livre, L’art subtil de s’en foutre, ceux qui vous vendent du rêve ne font qu’entretenir votre frustration.

C’est certainement bénéfique pour leur business mais absolument pas pour votre santé mentale.

Il me semble que l’essentiel dans cette situation n’est pas d’être plus productif mais proactif de son évolution personnelle.

 

Leçon 7. Nous ne pouvons pas vivre sans échappatoires

Chacun s’occupe comme il peut

L’utilisation de Netflix et des plateformes de streaming explose.

Nous nous mettons à faire des choses folles.

C’est comme cela qu’un Toulousain s’est retrouvé à courir 42 km sur son balcon de 7 mètres de long par 1 mètre de large.

Personnellement, j’ai passé de nombreuses heures à ranger mes dossiers sur mon PC, à trier mes photos et à paramétrer Alfred ( merci Jonathan Lefebvre !)

Chacun son type de bizarreries.

Nous avons besoin de légèreté.

Surtout nous avons besoin d’occuper le vide.

Se retrouver seul face à soi-même est extrêmement difficile.

Accepter son impuissance face à un phénomène qui nous dépasse l’est encore plus.

Notre premier réflexe est donc de nous occuper.

Toutefois passé ce premier stade de frénésie, nous devons aussi parfois accepter de ne rien faire.

Les routines nous aident à garder le cap

Après tout l’homme est fait pour l’oisiveté.

Toutefois, ne rien faire à long terme peut être déprimant et dévalorisant.

Un bon moyen pour garder le cap est de mettre en place des routines.

Les routines nous aident à réduire notre fatigue mentale.

Elles nous poussent à faire les choses qui comptent mais qui demandent un effort.

Notre cerveau préfère la sécurité.

S’il doit choisir entre écrire un article ou regarder Youtube, il ira au plus confortable.

J’aime Youtube, notamment cette excellente vidéo de Marine Rollman mais si je passe trop de temps sur Youtube, je me sens déprimée.

J’ai l’impression de ne pas contribuer au Monde.

Les routines aident mon cerveau à faire ce qui est difficile (comme écrire) mais plus satisfaisant.

Pas besoin pour autant de devenir un stakhanoviste de la routine.

Il suffit de définir quelques tranches de vie et bâtir sa routine autour.

Dans mon cas, j’ai distingué 5 moments importants :

  • réveil,
  • travail,
  • santé,
  • loisirs,
  • soirée.

Ensuite, j’ai structuré ma routine en fonction de ces moments :

7 H : réveil, méditation, rituel de beauté ayurvédique, petit-déjeuner, écriture

9H – 12H : travail

12-13 : repas + sieste

12 – 17H : travail

17H-18H : yoga ou appel famille ou amis

18-20H : loisirs créatifs

20-21H : repas

21-22H : lecture

J’essaye de maintenir cette routine le plus possible.

Parfois c’est difficile, parfois j’échoue mais ce n’est pas bien grave.

Avec le confinement, je réalise que nous sommes les despotes de nos propres vies.

Cette liberté est exaltante et effrayante et il faut du temps pour se l’approprier.

Vous remarquez qu’il manque une 8e leçon. C’est un oubli volontaire de ma part.

Je veux connaître votre grande leçon du confinement.

Sinon les anecdotes sont autorisées.

Il me tarde de lire vos commentaires !



Je m’appelle Ester.

J’aime écrire et décortiquer les comportements humains. C’est pourquoi je suis une plume au service des clients en Freelance.

Je parle de mon métier ici. N’hésitez pas à me contacter pour parler de vos projets.