7 leçons de vie que j’aurai aimé savoir avant 30 ans

30 ans représente toujours un cap. On le perçoit avec angoisse ou sérénité. Souvent on en profite pour tirer un bilan et faire le point. De mon côté, j’ai décidé de revenir sur les leçons de vie apprises ces dix dernières années. C’est l’occasion de regarder le chemin parcouru mais aussi de transmettre ces choses que j’aurai aimé savoir.

La photo à gauche a été prise quand j’avais 20 ans. J’étais en vacances au fond de la Castille et j’allais entrer à Sciences Po. 

La photo a été prise quand j’avais 30 ans. J’étais sur mon balcon. Je venais de démissionner et de lancer mon activité de Plume Freelance. L’occasion idéale de réfléchir à mes leçons de vie. 

Leçon de vie 1. La réussite est personnelle

A 20 ans, je pensais que réussir signifiait acquérir. Acquérir une position, des biens matériels et de l’argent.

A 30 ans j’ai compris que cette vision de la réussite n’était pas la mienne. Elle était le fruit de mon éducation et de mes biais culturels.

Aujourd’hui, ressentir est plus important qu’accumuler. J’ai aussi réalisé que chacun avait sa propre vision de la réussite.

Réussir peut signifier :

  • avoir une vie de famille accomplie,
  • créer une oeuvre ou une entreprise,
  • aider les autres,
  •  gagner de l’argent.
  • accéder à un statut social.

Chacun a sa propre vision de la réussite. Trouver la sienne demande du courage. Ne pas juger la vision des autres est un acte de sagesse. Je m’y évertue encore aujourd’hui.

Leçon de vie 2. Se comparer aux autres est destructeur

C’est une des leçons de vie les plus importantes. Pendant de nombreuses années, je me suis comparée aux autres. Je n’avais de cesse de me demander : comment être la meilleure ? Puis j’ai compris que la compétition n’avait pas de sens. Dans certains domaines la comparaison est même destructrice.

Par exemple, dans l’écriture, comparer deux auteurs est idiot. Qui est meilleur Eric Emmanuel Schmitt ou Bernard Werber ? Il n’y a pas de bonne réponse. Chaque individu aura sa préférence. Il existe des domaines où les comparaisons sont inutiles : l’amour, l’amitié, la créativité…

Pourtant, nous aimons les comparaisons. Pourquoi ? Simplement parce que nous aimons imiter les autres. Les réseaux sociaux ne font que confirmer notre prédisposition au mimétisme social. Se comparer est aussi rassurant. Nous préférons avoir un GPS quand nous explorons des zones inconnues. Nous avons ainsi l’impression de maîtriser le voyage. Les comparaisons sont notre GPSElles nous rassurent quand nous empruntons de nouvelles routes.

Nous préférons donc nous comparer aux autres au lieu de créer nos propres règles du jeu. Tout cela pour diminuer l’incertitude. L’incertitude est notre hantise. Nous préférons être malheureux qu’incertains.

Enseignement 3. On ne peut pas apprendre tout seul

Pendant sept années j’ai travaillé dans le milieu de l’entrepreneuriat et du web. Dans ce milieu il y a un mythe tenace : celui de self made man.J’ai donc longtemps pensé que l’auto-apprentisage était le meilleur moyen d’apprendre. Dans une certaine mesure je le pense toujours.

Toutefois, j’ai conscience des limites. A un moment donné, nous atteignons un plafond de verre. Nous avons alors besoin d’un compagnon de route pour avancer.C’est en confrontant ses idées et ses façons de faire qu’on progresse. Or pour cela nous avons besoin des autres.

Le parcours d’artistes et/ou d’entrepreneurs montre que la collaboration est essentielle. Steve Jobs n’aurait rien créé sans Steve Wozniak. Sartre n’aurait rien conceptualisé sans Simone de Beauvoir. Les exemples pourraient se multiplier à l’infini. Savoir bien s’entourer est déterminant. Ce n’est pas un hasard si nous sommes la moyenne des cinq personnes que l’on côtoie le plus. 

Notre environnement façonne notre perception du monde. Cela est vrai pour nos relations dans la vie réelle mais aussi pour nos relations virtuelles. Les gens sous-estiment ce second aspect.  Si vous êtes bombardés de messages haineux, racistes ou pessimistes sur vos réseaux sociaux, ces messages infuseront votre pensée. Se croire au-dessus de toute influence est illusoire. Vous ne pouvez pas vous forcer à tomber amoureux d’une personne qui ne vous attire pas. Vous ne pouvez pas contrôler votre inconscient.

Enseignement 4. Devenir adulte c’est accepter ses émotions

Pendant plus de 20 ans, j’ai eu une relation conflictuelle avec mes émotions.  Je pensais que montrer ses émotions était un signe de faiblesse et je devais les maîtriser. Une femme parfaite ne pouvait pas se montrer faible. Cette volonté de contrôle m’a conduit à adopter des comportements autodestructeurs.

Au fond, j’étais mal dans ma peau. Un jour mon corps m’a rappelée à l’ordre. J’ai dû l’écouter. J’ai essayé différentes techniques pour guérir. Au début, j’étais franchement sceptique. Je ne comprenais pas en quoi fermer les yeux et respirer allait m’aider. Je pensais que je n’avais pas de temps à perdre. Toutefois, je me suis accrochée. Après quelque temps, j’ai ressenti les premiers effets positifs. J’étais alors aux anges. Le problème est que mon mal-être revenait. J’avais beau tester de nouvelles techniques, faire des retraites spirituelles, méditer …

Plus je pensais aller mieux et plus de nouvelles zones d’ombre apparaissaient. Cela me rendait folle. J’avais l’impression d’être un pompier pyromane. Finalement j’ai compris que tout était lié et qu’il fallait agir sur la cause : mes émotions. Inconsciemment avec ces expérimentations, je cherchais encore un remède miracle pour contrôler mes émotions. Puis j’ai compris qu’être adulte c’était accepter ses émotions mêmes les plus négatives. Je ne sais pas comment j’en suis arrivé à cette conclusion. 

Encore aujourd’hui tout n’est pas toujours rose mais je me sens mieux.

Enseignement 5. Tout le monde est perdu

J’ai longtemps pensé que je m’étais perdue sur une Terre qui ne me correspondait pas. Ma naissance devait être un immense bug de l’univers qui s’était trompé d’époque. J’étais certainement née trop tard ou bien trop tôt. Je ne savais pas comment avancer pour savoir où aller. 

J’étais cet enfant solitaire qui se réfugiait dans les livres pour fuir la réalité. La vie m’a confrontée au monde. En ouvrant aux autres, j’ai réalisé qu’énormément de personnes étaient perdues et dépassées.

Le système leur échappe. Je me méfie toujours des personnes qui ne doutent de rien. Le doute est une preuve d’intelligence. 

Un des principaux problèmes de notre époque est que les imbéciles ne doutent de rienSi le système m’échappe et que la seule échappatoire est la mort, je préfère inventer mon récit. C’est pour cela que j’ai créé mon job, publié mon livre et que je trace ma route. 

Enseignement 6. Ce qui a de la valeur exige un investissement à long terme

Les choses qui ont le plus de valeur se construisent dans la durée. Ce principe s’applique aussi bien à la vie personnelle qu’à la vie professionnelle. 

Par exemple : l’amitié, l’amour, la compétence ou la réputation demandent du temps. Tous ces éléments sont construits autour de la confiance. Or la confiance ne se construit pas du jour au lendemain. Il faut du temps de se connaître soi et de connaître l’autre. On ne file pas à la mairie ou à l’église après son premier rendez-vous. On ne confie pas ses problèmes intimes à une connaissance. 

On ne délègue pas une mission importante à un inconnu. La confiance demande du temps, beaucoup de temps. En plus c’est une denrée extrêmement fragile. Toutefois, pouvoir compter sur une personne est un sentiment merveilleux. 

Enseignement 7. Etre heureux, ce n’est pas ne pas souffrir

La dernière des 7 leçons de vie est ma préférée. Le bonheur est devenu notre nouvel opium. Il ne se passe plus cinq minutes sans qu’une personne crache son bonheur sur les réseaux sociaux. Souvent cela s’apparente à :

  • “Regarde ce nouvel iPhone que je me suis offert”
  • “Regarde ces vacances de rêves que je me suis payées”
  • “Regarde ce hamburger vegan trop bon que j’ai découvert en premier”

Ces messages sont mensongers. Le bonheur passe rarement par l’acquisition de biens. Notre propension à poster des faits inintéressants de notre vie sur les réseaux est inversement proportionnelle à notre bien-être. Le bonheur ne se clame pas, il se voit. Paradoxalement les événements traumatiques peuvent conduire au bonheur. J’ai traversé différentes épreuves. Cela n’a pas toujours été rose mais j’ai alors ouvert les yeux sur la brièveté de la vie, sa fragilité et ma chance d’être toujours ici.

Grâce au livre “Trouver un sens à sa vie” j’ai compris qu’être heureux ce n’est pas forcément ne pas souffrir. C’est aussi se montrer digne de ses souffrances et les transformer. La création permet de faire cela. La bonne nouvelle c’est que nous pouvons tous créer. 

Ainsi s’achève cette liste les leçons de vie qui m’auraient été utiles de connaître. 


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