La philosophie est une matière mal-aimée. Pour beaucoup, il s’agit d’une masturbation intellectuelle inutile dans la vie. Je ne suis pas d’accord avec cette vision.

J’ai écrit cet article pour déclarer ma flamme à la philosophie mais aussi pour vous montrer son utilité. 

Pour cela, je vais prendre l’exemple de Thierry.

Thierry est fier. Ce matin, il est allé au garage et s’est offert sa première voiture autonome. 

Alors qu’il conduit son nouveau bolide, des enfants traversent soudainement. La voiture doit choisir : 

  • s’arrêter et sauver la vie de ces enfants 
  • continuer sa route et sauver la vie de Thierry. 

Qui choisissez-vous ? Thierry car il est le propriétaire de la voiture ou les enfants car ils sont plus jeunes et plus nombreux ? La logique capitaliste voudrait que le plus offrant gagne. Toutefois, n’est-il pas injuste de sacrifier deux vies pour le prix d’une seule ?

Si cette réponse vous intéresse alors j’ai une grande nouvelle à vous apprendre : vous aimez la philosophie. 

La philosophie ce n’est pas ce que vous pensez 

“La science est ce que vous savez – La philosophie est ce que vous ne savez pas.”

La philosophie signifie “amour de la sagesse’. Il s’agit d’une discipline qui vise à développer son esprit critique. 

De ce fait, elle questionne plus qu’elle n’apporte de réponses. Toutefois, la philosophie ne se cantonne pas à des questionnements. Ces questionnements s’incarnent dans le quotidien. 

Euh.. vous ne voyez pas trop en quoi les cours de philo de terminale peuvent vous  aider à mieux vivre ? Laissez-moi vous rafraîchir la mémoire. 

La philosophie s’intéresse à trois grands types de questionnements : 

  •     Qu’est-ce qui est vrai dans notre existence ? 
  •     Comment savoir ce qui est vrai ? 
  •     Quelles actions entreprendre ? 

Si comme moi, vous n’avez pas l’ambition d’écrire une thèse, le but ultime de ces questionnements est de vous apporter des réponses pratiques. 

Que vous apporte concrètement la philosophie ?

La philosophie m’a aidée et peut vous aider à réaliser 3 choses. 

Plus je sais et plus je sais que je ne sais rien 

Une branche de la philosophie s’intéresse à la connaissance.

Descartes a montré grâce à “je pense donc je suis” que notre seule certitude était qu’on existait en tant que “conscience”.

Depuis les neurosciences ont confirmé que notre perception était limitée. Selon certaines estimations, nos sens (vue, toucher, odorat, ouïe, goût) envoient environ 11 millions de bits d’informations à notre cerveau chaque seconde. Or nous n’en traitons que 60 bits par seconde quand nous réalisons des tâches “intellectuelles” comme  lire, écrire ou dessiner.

Nous ne percevons donc qu’une infime minorité d’information. Notre réalité est aussi filtrée par notre environnement et par la technologie. Si nous ne faisons pas attention, la technologie nous enferme dans des bulles filtrantes. Nous pouvons alors vite tomber dans le piège et penser que nous détenons la vérité. C’est ce qui explique la montée des extrémismes. 

A ce niveau, un retour vers le passé s’impose.  Jusqu’à une époque récente, la principale source d’information d’Emeline, cette cadre bobo était la même que celle qu’Hervé ouvrier dans le textile. 

Tous les deux se retrouvaient à 20 heures face au JT pour s’informer de l’état du monde. Les JT réunissaient jusqu’à 17 millions de personnes il y a 20 ans !  Aujourd’hui il peine à en rassembler 7 à 10 millions. 

Nous consommons l’information de façon différente. L’arrivée de Netflix, de YouTube et plus généralement d’Internet fait que nous pouvons choisir nos chaînes d’information en fonction de nos affinités culturelles et politiques. 

Cela représente d’énorme avantages :  

    • On peut passer de consommateur passif d’information à producteur. Tout le monde peut aujourd’hui ouvrir sa chaîne YouTube, écrire son blog ou lancer son podcast pour exprimer et diffuser ses idées. 
    •  L’accès à la connaissance n’a jamais été aussi facile. Wikipédia est la plus grande bibliothèque du monde. Nous avons dans nos poches, un outil capable de rivaliser avec le système d’information de la NASA. 

Toutefois, ne tombons pas dans l’angélisme. Cela génère aussi de nombreux défis. 

  • Comment trouver un consensus entre les opinions d’Hervé et Emeline s’ils n’ont plus accès aux mêmes informations ? 
  • Comment distinguer le vrai du faux quand tous les avis se valent ? Pendant la Covid, même ma mère y allait de ses petits conseils en épistémologie. 
  • Comment s’informer alors que l’immense majorité du contenu produit sur Internet et ailleurs est écrit dans l’unique but de “vendre du temps de cerveau disponible” ? 

Notre seul salut est la philosophie ! 

Développons notre pensée critique. 

Rappelons-nous que nous ne savons rien. 

Ne nous sentons pas obligés de donner un avis tout le temps et sur tout. 

Ne contribuons pas à inonder Internet et les réseaux sociaux de contenu inutile. 

Heureusement, nous ne sommes pas à la hauteur de nos vies sur Instagram 

A gauche l’influençeuse Coeeyy dans la vraie vie, à droite ce qu’elle met en avant sur Instagram 

Je ne sais pas vous mais j’ai l’impression que de plus en plus de personnes se sentent perdus dans leur vie. Ils ne trouvent pas de sens à leur travail, développent des problèmes relationnels ou sont rongés par le stress. 

Si on s’intéresse à la racine de la racine de ces problèmes, on constate qu’il s’agit toujours d’un problème de valeurs.

Je suis bien placée pour le savoir. 

Quand je travaillais dans une banque en ligne, tous mes collègues étaient très heureux. Ils estimaient :

  • qu’ils étaient bien payés, 
  • que l’ambiance était bonne, 
  • et que même si le travail n’était pas passionnant, il leur offrait l’aisance matérielle et la reconnaissance sociale. 

De mon côté, j’étais profondément malheureuse et je culpabilisais.

 J’avais tout et je n’appréciais rien. 

Pour ne rien arranger,  je consultais énormément de contenu en développement personnel qui ne cessait de me culpabiliser.

Je n’avais pas de rêve donc j’avais raté ma vie ?  

Un jour, j’ai rencontré une personne très sage. 

Elle m’a dit “tu es malheureuse car ce ne sont pas tes valeurs”.

La seule question importante est “veux-tu les changer pour afficher des symboles sur les réseaux sociaux ? “

Wahou ça c’est une sacrée bonne remarque !

J’ai cherché des réponses dans la philosophie, notamment la pensée de Nietzsche.  

Que nous dit cet auteur oublié? 

Nietzsche nous dit qu’il faut aller par-delà le bien et le mal pour trouver ses valeurs. 

Il affirme qu’on doit questionner les valeurs transmises par la société et par son éducation afin de se réaliser (en langage Nietzschéen “devenir un surhomme”). 

Un autre grand psychologue, Carl Jung, a montré que sans cela l’accomplissement est impossible. 

Je sais ce que vous pensez. Sur le papier, cela paraît simple mais comment faire pour trouver ses valeurs ? 

Je suis en train d’écrire un ebook sur le sujet car cette question est essentielle (abonnez-vous à la newsletter pour être informé de sa sortie)

Le fait est qu’il s’agit d’une étape indispensable pour savoir ce qui est vrai pour vous

La philosophie nous enseigne que la vraie vie ne ressemble pas à un feed Instagram : le malheur, la dépression et les doutes ne s’en iront jamais.

Ceci étant dit, la fête peut commencer ! 

A quoi sert un GPS quand il n’y a pas Internet ? 

Revenons à l’histoire d’Henry, l’heureux propriétaire d’une voiture autonome. 

Je vous ai promis une réponse : faut-il sauver les enfants ou Henry ? 

La bonne réponse est qu’il n’y a pas de bonne réponse. 

La vie est complexe, chercher des réponses universelles et des règles immuables est le meilleur moyen d’aller nulle part. 

C’est un peu comme comptez sur votre GPS quand vous devez vous rendre au fond de la Creuse et qu’il n’y a pas de réseau. 

Une fois qu’on a compris que l’important ce n’est pas de réussir mais de définir ce que signifie le succès pour nous, la vraie vie peut commencer. 

Le but n’est plus de “devenir une meilleure personne” mais de choisir une direction, d’essayer, d’échouer, de recommencer encore et toujours. 

Notre époque offre de moins en moins de garanties : 

  • vous pouvez perdre votre job du jour au lendemain, 
  • votre conjoint peut vous quitter, 
  • un virus peut décimer un pays entier. 

Toutes ces choses sont hors de notre contrôle. 

Par contre, la philosophie nous enseigne qu’on peut contrôler deux choses : l’impulsion et la réaction. 

  • Je peux décider de développer une activité en parallèle de mon job pour diversifier mes revenus.
  • Je peux passer du temps de qualité avec mon conjoint pour renforcer notre relation.
  • Je peux porter mon masque même s’il m’insupporte.

Et ce n’est pas tout !

Je peux décider de changer de travail si je suis malheureuse. 

Surtout, je peux me prendre la tête sur des textes philosophiques qui me font aller mieux. 

Et je peux aussi traîner sur Instagram pour m’instruire et me divertir avec ce compte

Convaincu que la philosophie peut changer votre vie ? 

Je vous livre ma liste de livres pour approfondir. 

Entrée en matière 

Lettre à Lila de Vincent Cueff 

L’insoutenable légèreté de l’être de Kundera (mon résumé ici)

Kafka sur le rivage de Murakami 

Le sens de la vie de Viktor E. Frankl (mon résumé ici)

L’art subtil de s’en foutre de Mark Manson 

 

Plats de résistance 

Par delà le Bien et le Mal Friedrich Nietzsche 

Ainsi parlait Zarathoustra Friedrich Nietzsche 

Pour une morale de l’ambiguïté Simone de Beauvoir 

Les Lettres à Lucilius Sénèque 

The Denial of Death d’Ernest Becker 

 


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