Aujourd’hui nous voulons tous tout mesurer tant sur le personnel que professionnel. 

Vous trouvez que j’exagère ? 

Et bien écouter ça. 

Ma tante est une quinquagénaire en pleine forme. 

Elle travaille dans le milieu paramédical. 

Il y a trois ans quand j’avais investi dans une Fitbit, elle se moquait gentiment de moi. 

A cette époque, je faisais énormément de sport dont de la course à pied. 

Je préparais un semi-marathon et je croyais qu’acheter une montre connectée allait propulser mes performances. 

Quelques années plus tard, après avoir réalisé l’impact négatif de cet appareil connecté, je l’ai jeté et je ne l’utilise plus. 

Au même moment, ma tante pavane avec une montre connectée Polar dernier cri. 

Elle ne cesse de s’émerveiller devant ses capacités.

“Tu te rends compte, Ester il prédit même la qualité de mon sommeil. En plus, comme cela je me force à faire 10 000 pas par jour”. 

Ok, si même ma tante est devenue une fétichiste de la donnée, c’est que nous avons un sérieux problème. 

L’objet de cet article est de vous montrer pourquoi.  

Pourquoi vous ne pouvez pas tout mesurer ? 

Tout mesurer n’améliore pas votre bien-être. 

Le fait d’avoir une multitude de données n’améliore pas le bien-être. 

Il faut faire le tri pour ne pas tomber dans la piège de le surinformation. 

C’est d’ailleurs un des problèmes majeurs et sous-estimés aujourd’hui. 

L’information est partout mais la connaissance se fait rare. 

A ce niveau, l’adage “trop d’information tue l’information” demeure plus que jamais vrai. 

Sans compter que l’excès de données peut générer un stress. 

Vous n’imaginez pas comment je culpabilisais quand je n’avais effectué que 300 pas dans la journée.

La carte n’est pas le territoire

Tout ne peut pas être mesuré 

Il faut accepter que certaines choses ne peuvent pas être mesurées. 

Aujourd’hui, nous partons du principe que seul ce qui peut être mesuré compte et que tout ce qui compte peut être mesuré. Il suffit d’observer autour de nous pour nous en apercevoir. La construction d’un centre commercial va créer de l’activité économique mais il va aussi avoir un impact invisible sur notre environnement et contribuer à la destruction de tout un écosystème invisible. C’est ce qui s’est passé pour la forêt allemande.

Dans les années 50, des urbanistes allemands ont lancé un programme afin de faire de l’Allemagne le premier exportateur européen.

Ce programme a été un succès sur le plan économique. Toutefois, pour réaliser cet objectif, ils ont modifié l’architecture des forêts traditionnelles. Les bureaucrates allemands ont créé une forêt plus facile à compter et à évaluer, ce qui a permis d’augmenter la production de bois. Par contre, ils n’avaient pas prévu qu’une partie de l’écosystème serait détruit. Ils n’avaient pas prévu la disparition du bois d’orme, utilisé par les paysans pour nourrir le bétail. 

Malheureusement, ces conséquences secondaires ne sont apparues que des dizaines d’années plus tard. 

Il existe une marge d’invisibilité 

Quand on travaille sur un système complexe, il est difficile de prévoir toutes les conséquences de ses actions. Il est donc dangereux de vouloir appliquer un processus simple pour maximiser une seule métrique. 

La différence entre ce qui peut être mesuré et est visible et ce qui ne l’ait pas correspond à la marge d’invisibilité. 

On pourrait penser que ce principe s’applique uniquement à la sphère économique mais en réalité il s’applique aussi dans notre sphère privée. Nous pouvons mener des actions  invisibles qui vont améliorer notre bien-être sur la durée. 

Par exemple, quand j’ai commencé à écrire je n’avais pas de destination autre que me faire plaisir et apprendre. J’ai lu des dizaines de livres et suivi des formations pour nourrir mes curiosités. Quelques années plus tard, l’écriture est devenue mon métier.

Quelles sont vos alternatives au lieu de tout mesurer ? 

Les données sont précieuses. Je continue de les utiliser. Le but n’est pas de les supprimer de nos vies.
Simplement, il me semble important de rappeler que tout ne peux pas et ne doit pas être mesuré.  

Voici deux alternatives pour échapper à la tyrannie de la quantification : 

  • Investir dans des activités sans objectifs

J’ai commencé à tenir un journal. J’essaye d’écrire régulièrement les pensées qui me passent par la tête le matin. Je peux pas mesurer objectivement les résultats de cette action mais cela m’aide. Je passe également du temps avec ma famille et mes amis pour réaliser des activités sans objectifs. 

  • Questionner toujours l’objectif derrière la mesure. 

Quels sont les chiffres importants pour nous? 

Est-ce que nous avons besoin de connaître exactement le nombre de pas effectués ? Notre fréquence cardiaque ? 

Toutes les données récoltées ne doivent pas être structurées et chiffrées. 

Elles doivent ouvrir la porte à la réflexion et surtout nous inciter à l’action. 

Sans cela, elles ne feront qu’augmenter notre anxiété et notre culpabilité

Une affaire juteuse pour le business mais catastrophique pour notre bien-être. 

 

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